Le rétablissement du certificat médical divise

LA NV-A veut rétablir le certificat dès le premier jour d'absence

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LA NV-A veut rétablir le certificat dès le premier jour d’absence

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Le certificat médical dès le premier jour d’absence, le retour ? La N-VA souhaite réintégrer le certificat médical dès le premier jour d’absence au travail, dans le cadre d’un plan de lutte contre l’absentéisme. La proposition de loi fait débat. 

Depuis 2022, les travailleurs d’entreprises de plus de 50 employés peuvent prendre chaque année trois jours d’absence sans certificat médical. Cette mesure, adoptée par le gouvernement Vivaldi, est aujourd’hui remise en question, après avoir déjà été rabotée l’an dernier. La N-VA, principal parti de la coalition gouvernementale Arizona, voudrait la supprimer.

«Nous constatons que cela a entraîné une baisse de l’absentéisme de moyenne durée, car les médecins prescrivent généralement des arrêts de plus d’une journée, mais une augmentation de l’absentéisme de courte durée», déclare Axel Ronse, chef de groupe parlementaire de la N-VA.

Côté syndical, on conteste ce constat. «La proposition de loi ne contient pas de données objectivables qui démontreraient un lien entre la possibilité de s’absenter un jour sans certificat et le taux d’absentéisme», avance Laurent Lorthioir, conseiller au Service entreprises de la CSC.

Dans le courant de l’année 2026, la possibilité d’avoir trois jours d’absence sur une année civile a été réduite à deux jours. Mais la N-VA souhaite le réduire davantage comme l’évoque, Axel Ronse : «Je souhaite donner aux employeurs la possibilité de demander tout de même un certificat médical, mais en contrepartie, ils (les employeurs) doivent mettre en place une politique de gestion de l’absentéisme et disposer d’outils tels que, par exemple, la possibilité de convoquer un salarié souvent absent à un entretien de suivi et, s’il ne se présente pas, de lui retirer une partie de son salaire garanti.»

« Fautif »

Les syndicats dénoncent les clichés véhiculés par le député de la N-VA. «Il s’agit à nouveau d’une mesure se basant sur le stéréotype erroné du « malade profiteur », il suffit de lire l’argumentaire de cette proposition de loi», considère Laurent Lorthioir.

De plus, pour la CSC, il y aura bien évidemment des conséquences si ce texte venait à être adopté. Le présentéisme qui se verrait renforcé pourrait déboucher sur des absences plus longues ensuite pour se rétablir. Par ailleurs, les médecins généralistes pourraient se retrouver débordés, occasionnant au passage des frais pour les patients et pour la sécurité sociale.

Quant à la possibilité pour l’employeur de suspendre le paiement du salaire si l’employé ne se présente pas un « entretien sur l’absentéisme », la mesure est jugée simplement « scandaleuse ». «C’est la porte ouverte à une culpabilisation supplémentaire du travailleur. Alors que les conditions de travail rendent malade, on va convoquer les travailleurs ayant été malades un ou deux jours. Toute cette énergie qui pourrait être mieux utilisée à faire de la prévention sur le lieu de travail et réduire effectivement l’absentéisme… On sait également qu’il y aura des dérives lors de cet « entretien sur l’absentéisme » où le travailleur sera mis en position de « fautif » », souligne Laurent Lorthioir.

Pas de résolution du problème

Initialement, l’objectif de ce texte est de réduire l’absentéisme injustifié. «Actuellement, l’employeur paie pour l’absentéisme pour cause de maladie, mais il ne dispose d’aucun outil pour le contrer», déplore Axel Ronse.

Cela dit, pour certaines personnes, cette proposition ne résoudra pas le problème qui se pose. L’une des raisons qui expliquent ce constat est que, lorsqu’une personne se rend chez son médecin traitant, elle sera davantage susceptible de demander un certificat médical couvrant plusieurs jours plutôt qu’un seul jour, comme l’expliquent Manon Meunier et Sophie Delbushaye, coordinatrices RH de l’entreprise Epsylon : «Quand on va chez le médecin, on a plus tendance à demander un certificat médical de plus de trois jours et pas d’un seul jour. Cela veut dire qu’il y aura, peut-être, un peu moins d’absences. Il n’y en aura peut-être pas plus. Mais, en tout cas, elles seront plus longues».

Selon la CSC, le système actuel qui permet de s’absenter un jour sans certificat médical, ne favorise pas pour autant l’absentéisme : «Là où parfois un jour de repos suffit à se rétablir suffisamment pour pouvoir reprendre leur travail, il faudra maintenant prendre un rendez-vous chez le médecin traitant qui délivrera un certificat médical qui pourrait excéder un jour, surtout si la consultation n’a pas pu avoir lieu au jour 1 de l’incapacité de travail.», explique Laurent Lorthioir.

Alors que cette proposition de loi est encore loin d’être adoptée, une chose est certaine : le retour du certificat médical ne fait pas l’unanimité.

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