Giulietta : Comment se placer dans une double identité culturelle

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Giulietta Di Tomasso

Giulietta Di Tomasso

La peau dorée par 21 étés passés dans les Abruzzes, Giulietta Di Tomasso passe le reste de l’année en Belgique. Entre pâtes et frites, entre deux cultures qui se côtoient et façonnent son identité, où trouver sa place ? Si chacune lui apporte une pièce de plus pour construire qui elle est, un sentiment persiste : celui de n’être jamais totalement chez elle, ni ici, ni là-bas.

« J’ai envie d’être en Italie, c’est déprimant ici. » Au fil des conversations, cette phrase revient.

Pour Giulietta, l’Italie est synonyme de légèreté, d’apaisement et d’un bonheur simple partagé avec sa famille. Pourtant, même là-bas, elle n’a jamais l’impression d’être complètement chez elle. Elle remarque les différences entre elle et les Italiens qui l’entourent. Parfois, eux aussi les soulignent : « Tu n’es pas totalement italienne. » En Belgique, le constat est inversé. Son apparence, ses habitudes ou simplement son prénom suffisent parfois à attirer les remarques d’inconnus : « Tu n’as pas l’air belge. » Entre deux pays qui lui renvoient chacun une image différente d’elle-même, Giulietta cherche encore où se situe réellement sa place.

À l’école européenne d’Uccle, Giulietta navigue entre les cultures de ses camarades. À la fin de ses études secondaires, elle connaît un sentiment de vide, voire d’abandon. Tous ses amis retournent dans leur pays natal.

« C’est comme une sensation d’abandon, on est toujours entouré des mêmes cercles. La question se pose depuis que je suis petite d’un potentiel déménagement en Italie, mais la vie a fait que ça n’a pas pu être possible. »

Deux fois par an, parfois plus quand le temps le permet, elle retourne dans le village de sa famille, au sud politique de l’Italie, Roccamorico. Même lorsqu’elle se rend en Italie, l’italien n’est pas toujours son premier réflexe.

« Parfois, je préfère parler anglais, c’est juste plus facile pour moi. » Pourtant, physiquement, les Italiens la considèrent souvent comme l’une des leurs. C’est lorsqu’elle commence à parler que cette perception change. « Quand ils me voient, ils pensent que je suis Italienne. Puis quand je parle, ils comprennent que je suis belge. »

Vivre entre deux cultures, c’est le quotidien de beaucoup de personnes. En région de Bruxelles-Capitale, environ 78,5 % de la population est d’origine étrangère (personnes nées étrangères ou ayant au moins un parent de nationalité étrangère) selon l’IBSA. L’individu navigue alors entre deux modes de vie, deux langues et deux pays. Cette situation crée chez beaucoup de personnes un sentiment tiraillant, celui de ne jamais réellement se sentir chez soi.

Par Le Jody, Gumustekin Belfin, Helba Mohimont Rania, Wirtz Charlotte, Di Tomasso Giulietta, Glorieux Gillian

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