Les congés décalés, une bonne affaire pour Walibi ?

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Photos: Appoline Guérez

Photos: Appoline Guérez

Cette année, les congés d’automne des francophones et des néerlandophones ne tombent pas en même temps. Une aubaine pour le secteur hôtelier et touristique. Qu’en est-il pour les parcs d’attractions qui allongent leur saison d’Halloween ? Cette saison d’automne élargie représente-t-elle un avantage financier ? 

Ce samedi 31 octobre, c’était Halloween. Mais cette année, en Belgique, les enfants francophones et néerlandophones n’auront pas de vacances d’automne en même temps. C’est une première depuis la réforme des calendriers scolaires de 2022. Les congés des francophones tombent du 19 octobre au 1er novembre, ceux des néerlandophones du 2 au 8 novembre. Les deux communautés ne partagent que quelques jours.

La situation est une bonne nouvelle pour le secteur hôtelier, qui profite de deux vagues de vacanciers. Pour les parcs de loisirs, la question est moins simple. Comment organiser une saison d’Halloween quand le public ne vient plus au même moment ? Nous avons voulu comprendre comment les parcs s’adaptent, en nous rendant à Walibi pour savoir ce que cela change.

Le pionnier en la matière

Chez Walibi, Halloween n’est pas une nouveauté. Le parc organise sa première édition à l’automne 2000. Le groupe Six Flags, alors propriétaire du site, importe la tradition américaine avec décors immersifs, citrouilles, ballots de paille et la toute première maison hantée du parc. Le succès est immédiat avec près de 40 000 visiteurs en deux jours.

L’événement prend de l’ampleur au fur et à mesure des années avec davantage de décors, d’animations et d’expériences. Aujourd’hui, la saison d’Halloween à Walibi s’étend du 10 octobre au 11 novembre. Soit un total de 5 week-end, un record pour le parc en cette saison. D’autres grands parcs belges suivent la tendance et proposent eux aussi leur propre événement. 

Un calendrier plus long, mais des coûts supplémentaires

Pour Guillaume Morghen, attaché de presse de Walibi Belgium, le décalage des congés impose une adaptation du calendrier d’ouverture. « On a été obligés de faire un calendrier d’ouverture pour contenter tout le monde », explique-t-il.

Résultat,  la période est plus longue que d’habitude. « On a quand même pas mal de charges fixes d’ouverture du parc. […] Multiplier les heures d’ouverture, c’est multiplier les coûts également », souligne Guillaume Morghen.

Pour limiter ces dépenses, Walibi ferme environ deux jours par semaine pendant la période concernée. Le parc cherche ainsi à étaler ses ouvertures sans multiplier inutilement les journées d’exploitation.

Les coûts supplémentaires ne concernent d’ailleurs pas uniquement le personnel. L’attaché de presse précise qu’ils sont surtout liés aux décorations, aux installations et aux locations, qui doivent rester en place plus longtemps.

Le bilan est donc plus nuancé qu’une simple saison allongée. Malgré une période qui s’étend sur davantage de semaines, Walibi n’ouvre finalement que deux jours supplémentaires. Le parc doit ainsi adapter son organisation pour répondre aux différents calendriers scolaires, tout en maîtrisant ses frais.

Plus de jours, mais davantage de visiteurs ?

Reste une question : cette nouvelle organisation permet-elle d’attirer davantage de visiteurs sur l’ensemble de la saison ?

Pour Walibi, il est encore trop tôt pour le déterminer. Le parc constate que les journées des congés francophones se remplissent bien, mais se montre plus prudent concernant les vacances flamandes, qui arrivent plus tard. « Sur les vacances flamandes, c’est un petit peu plus loin, donc c’est encore difficile d’avoir vraiment une idée de à  quel point ça va fonctionner ou pas », dit Guillaume Morghen.

Le résultat dépendra notamment de la capacité du parc à attirer suffisamment de visiteurs pendant les différentes périodes de congé. Le parc rappelle que ses nocturnes affichent généralement déjà complet. 

Un avantage qui reste à confirmer

Le décalage des vacances scolaires a donc bien un impact sur l’organisation d’Halloween à Walibi. À première vue, répartir les congés sur trois semaines plutôt que sur une seule période semble être une bonne affaire. Le parc peut accueillir des visiteurs plus longtemps et étaler leur fréquentation sans pour autant que le nombre de vacanciers n’augmente. Mais derrière cette saison prolongée se cachent des coûts supplémentaires, liés au personnel, aux décors et aux installations. Rien ne garantit que les visiteurs seront au rendez-vous sur l’ensemble de la période. Si ce nouveau calendrier offre davantage de possibilités au parc, sa rentabilité reste donc à confirmer.


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