Yvonne s’expeause

Chaque année en Belgique, 800 personnes sont admises dans des centres spécialisés pour grands brûlés. Après de longs mois à recevoir des soins dans ces centres, comment parviennent-ils à reprendre le cours de leur vie ? Le projet  S’expeauser vous invite à faire la connaissance de grand.e.s brûlé.e.s qui dévoilent leur histoire et leur quotidien tout en démystifiant leur image. Dans cet article, Yvonne, 24 ans, nous raconte son histoire et le regard qu'elle porte sur ses cicatrices.

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Illustration : Porjet S'expeauser

Chaque année en Belgique, 800 personnes sont admises dans des centres spécialisés pour grands brûlés. Après de longs mois à recevoir des soins dans ces centres, comment parviennent-ils à reprendre le cours de leur vie ? Le projet  S’expeauser vous invite à faire la connaissance de grand.e.s brûlé.e.s qui dévoilent leur histoire et leur quotidien tout en démystifiant leur image. Dans cet article, Yvonne, 24 ans, nous raconte son histoire et le regard qu’elle porte sur ses cicatrices.

Illustration : Porjet S’expeauser

Yvonne Mugisha est une jeune étudiante belge d’origine rwandaise qui a été brûlée à la suite d’un accident domestique à l’âge de 5 ans : « Pour faire une surprise à ma mère le matin de Noël, ma sœur et moi avions décidé de disposer des bougies aux alentours du sapin. Une des bougies, placée en haut d’une armoire, m’est tombée dessus, et mes vêtements ont pris feu. ». De la suite, Yvonne ne gardera que des flashs. « Je me souviens de mon oncle mettant une couverture sur moi, d’une image de moi dans la salle de bains. Après ça, mon cerveau a préféré tout occulter » 

Retour à la réalité 

Après de longs mois passés dans le Centre pour grands brûlés de Neder-over-Heembeek, Yvonne peut enfin sortir et doit se confronter aux regards des autres, notamment à l’ école : « C’était assez compliqué. Le fait de ne pas pouvoir participer aux mêmes activités ou de ne pas pouvoir partir en classe verte, les autres enfants ne le comprenaient pas. »  

 Je donne des cours de sport à des enfants, et on sait très bien que les enfants n’ont aucun filtre. Cela m’arrive souvent que l’un d’entre eux me demande pourquoi je suis vieille sur mon cou, mais pas ailleurs

Yvonne

Yvonne nous confie qu’elle n’a jamais été du genre à cacher ses cicatrices, mais que ce n’est pas pour autant que le regard des autres est facile à supporter, même en tant qu’adulte. Ses expériences les plus marquantes ont en général lieu avec les enfants : « Je donne des cours de sport à des enfants, et on sait très bien que les enfants n’ont aucun filtre. Cela m’arrive souvent que l’un d’entre eux me demande pourquoi je suis vieille sur mon cou, mais pas ailleurs. Je suis constamment confrontée aux enfants et leur innocence me fait du bien, car ils me posent leurs questions sans aucune arrière-pensée. S’ils ont des interrogations, je m’assieds avec eux et je leur explique ma situation. À partir du moment où tu leur expliques, ils arrêtent de te regarder comme quelqu’un de différent. »  

Expliquer pour démystifier 

Sur le compte Instagram du projet S’expeauser, les followers ont eu l’occasion de poser leurs questions à Yvonne, dans le but d’en apprendre plus, autant sur son histoire personnelle que sur la condition des grand.e.s brûlé.e.s en général. 

Si ce témoignage vous a intéressé, n’hésitez pas à vous rendre sur la page Instagram de S’expeauser. Vous y retrouverez bien d’autres témoignages de grand.e.s brûlé.e.s portant sur différents aspects de leur vie.

Un projet réalisé par :
Chloé Böckli, Lucas De Spiegeleet, Marie-Florence Decoene, Aliénor Glowacki, Océane Ilunga Bendele, Elise Leloup, Hanya Naji, Alexandre Perniaux, Shevi Shenaj, Imen Touali.

 

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