Vous avez dit bahá'í ?

C'est une religion sans lieu de culte et sans clergé. Qui sont donc les membres de la communauté bahá'íe ? Comment exercent-ils leur foi ?

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Photos: Léa Nevraumont (CC BY NC ND)

C’est une religion sans lieu de culte et sans clergé. Qui sont donc les membres de la communauté bahá’íe ? Comment exercent-ils leur foi ?

Photos: Léa Nevraumont (CC BY NC ND)

Anis Parsa a été élu membre de l’Assemblée Nationale Spirituelle Bahá’ìe pour cette année. Ce titre ne lui apporte aucun privilège au sein de sa communauté. Ce jeune irano-italiano-congolais nous livre quelques clés pour comprendre cette religion qui bouleverse les codes.

Portrait Anis Parsa
On reconnaît un baha’ì par ses actions. Léa Nevraumont (CC BY NC ND)

En quoi la religion Bahá’ìe, apparue il y a deux siècles, est différente des autres ?

Tout d’abord, pour nous, il n’existe pas des religions mais bien UNE religion qui se serait révélée progressivement. Un peu comme une école avec différentes classes enseignant chacune une matière propre. Dieu se révèle en fonction des époques, de nos besoins et de notre capacité à comprendre le monde dans lequel on vit. C’est pourquoi toutes les religions ont une base commune. Sauf que le monde dans lequel on vivait il y a trois mille ans n’est plus le même qu’aujourd’hui. Notre prophète Bahà’u’lláh a lui-même, dans ses écrits, prédit l’arrivée d’une nouvelle religion dans mille ans qui répondrait mieux aux besoins de la société.

L’idée d’unité dans la diversité, tant au niveau des religions que dans de la société, est vraiment notre principe de base. Nous nous efforçons donc de travailler à l’unité du monde et à l’amélioration de celui-ci. Tout ce qui peut amener à la désunion doit être changé. Et les religions sont devenues, malheureusement, une source de désunion dans certains pays à l’heure actuelle.

Pas de clergé, pas de représentation du prophète Bahà’u’lláh, pas de signe distinctif pour vous reconnaître. C’est très novateur pour une religion…

Oui, effectivement, nous n’avons pas de clergé. Tout simplement parce que nous estimons qu’aucune personne ne peut avoir d’autorité sur une autre. Cette idée vient de Bahà’u’lláh. Selon lui, nous sommes arrivés à une époque où tout le monde a les capacités de lire les écrits religieux, de les comprendre et de les interpréter. Nous n’avons plus besoin d’un intermédiaire entre Dieu et nous.

Nous sommes tous égaux dans la communauté. Par exemple moi, je fais partie de ce qu’on appelle « l’Assemblée Nationale Spirituelle ». Cette Assemblée est élue par les membres de la communauté de Belgique, il n’y a pas de listes, tous les bahá’ís peuvent se présenter. Elle se réunit une fois par mois pour parler des besoins de la communauté et des aspects sur lesquels il faut plus s’appuyer. Mais en aucun cas, en dehors de ces réunions, je n’ai un rôle plus important qu’un autre bahá’í.

Vous ne recevez donc pas d’argent lorsque vous siégez à l’Assemblée ? Alors comment fonctionne le financement de cette communauté ?

Non. Aucun membre de l’Assemblée ne perçoit d’argent en plus pour cette fonction. De même, les personnes qui organisent les groupes de jeunes le font de façon bénévole. La religion bahá’íe est financée grâce au don de ses membres. Il n’y a pas de somme établie ; chacun fait un don en fonction du budget qu’il possède. Ces donations restent entre les membres de la communauté, c’est-à-dire qu’une personne non baha’ìe ne peut pas faire de don.

Concrètement, que fait la communauté baha’ìe au quotidien ?

Nous avons beaucoup de rencontres. Pour les baha’ìs, les mois comptent 19 jours. Le chiffre 19 est très important pour nous. Le 10 qui symbolise l’universalisme, et le 9 représente la plus grande unité. Il y a donc 19 mois dans une année bahá’íe et une fois par mois, nous avons la fête des 19 jours. Pendant cette fête, les bahá’ís prient et discutent de ce qu’il faudrait faire ce mois-ci pour améliorer la communauté. Durant le reste du mois, nous avons différentes rencontres. J’organise tous les jeudis une réunion de prière chez moi. Tout le monde est le bienvenu, tant les bahá’ís que des personnes ayant une autre religion. Le but est de partager un moment et d’échanger sur les prières.

Nous sommes aussi très actifs avec les groupes de jeunes. Avec ces groupes, nous travaillons à partir de livrets. Chaque livret évoque un thème différent. Par exemple, le premier livret parle de l’identité de l’individu et pose plein de questions : sommes-nous seulement composés de ce corps ? Existe-t-il quelque chose d’autre, quelque chose de spirituel ?

Comment pouvons-nous vouloir changer le monde et l’améliorer si on ne fait que lire des textes et qu’on n’agit pas ? Ce n’est pas possible !

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