Rugby : Avec ou sans contact ?

Le rugby est un sport de contact par excellence. En cette période particulière où nous vivons avec le Covid-19, nous pourrions croire que toutes les activités sont en suspens ce qui n'est pas le cas.

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Armelle Delmelle

Le rugby est un sport de contact par excellence. En cette période particulière où nous vivons avec le Covid-19, nous pourrions croire que toutes les activités sont en suspens ce qui n’est pas le cas.

Armelle Delmelle

Le match bat son plein. L’arbitre siffle une passe en avant, ce sera une mêlée. Sous le soleil et la chaleur de cette fin d’été, les joueuses trottinent pour se mettre en place. La première ligne positionnée, la talonneuse appelle les suivantes. La tête serrée dans le casque et entre les jambes des autres, on entend à peine les commandements donnés le plus vite possible par l’arbitre. La mêlée est disputée mais pas poussée, elle est perdue, on repart à la poursuite de la porteuse de ballon.

Avant leur rencontre avec le Coq Mosan le 19 septembre, le Roc avait déjà dû géré la présence du Covid dans son équipe. Armelle Delmelle

Alors que les championnats auraient normalement dû commencer en septembre, les joureurs.euses ont dû attendre octobre. Le Covid n’en faisant qu’à sa tête, Rugby Belgium a annoncé mardi 13 octobre la suspension de tous les championnats. Il faudra donc encore prendre son mal en patience avant le prochain match.

Cependant, nous avons pu assister à une journée de préparation au mois de septembre. En effet, le samedi 19 septembre, avait lieu une journée importante pour le Rugby Coq Mosan. Au total, cinq clubs étaient invités à rencontrer les différentes équipes et catégories du club berneautois. Cette préparation est essentielle car elle permet au corps des joueurs.euses de se réhabituer aux contacts et à l’effort, mais aussi aux équipes de mettre en place de nouveaux plans de jeu.

Une journée chargée

À midi, l’église du village sonne en même temps que le début du match opposant les U14 du Coq à ceux de Visé. À l’entrée du terrain, où se joue le mini tournoi entre les deux équipes voisines et le Hesby (Huy), un panneau rappelle les mesures générales de la lutte contre le Covid-19. Celui-ci est accompagné d’une affiche insistant sur le port du masque obligatoire sauf pour les joueurs sur le terrain ou en échauffement. On peut également y lire que des masques sont disponibles au bar en cas d’oubli.

Du côté des vestiaires, à la même heure, l’équipe féminine locale se prépare. La division des vestiaires n’est pas facile quand il y en a quatre et six équipes, confie Frédérick Heynen, président du Coq Mosan, mais on a fait au mieux pour que les équipes qui jouent ensemble restent entre elles.

Le coup d’envoi des deux matchs des Coquettes est donné à quatorze heures. Alors que l’équipe première affronte Dendermonde d’un côté, la réserve est face au RFC Liège d’un autre. Autour des terrains, les supporters sont là. Les cris fusent et la mascotte du club se promène d’un match à l’autre pour encourager les joueuses.

Les spectateurs ont, malgré les six mois d’absence, gardé leur habitude de se retrouver autour d’un verre tout en suivant l’action. Ce moment de partage est aujourd’hui aussi un prétexte pour pouvoir retirer son masque. Personne ne fait vraiment exception.

Les arbitres sont clairs, les mêlées et les regroupements doivent être joués plus vite. Gustave Gatez, membre de la cellule Covid de la fédération et arbitre, explique avoir “reçu des consignes pour limiter les zones de regroupement, faire jouer plus vite et limiter les temps de contact. Pour la mêlée on doit faire attention qu’elle se prépare et soit jouée plus rapidement, dès que le ballon est jouable, la joueuse a trois secondes pour l’utiliser au lieu de cinq”.

Portera ou ne portera pas

Malgré l’obligation de porter son masque en dehors des moments de jeu, peu de joueuses le font. Armelle Delmelle

Peu après seize heures, le soleil est toujours au beau fixe, les Coquettes comptabilisent une victoire et une défaite, mais tout le monde garde le sourire. La célébration des filles du match se prépare. La tradition veut que chaque capitaine sélectionne une fille de sa propre équipe et une chez les opposantes pour un concours d’« afond ». Les trois clubs sont alors regroupés autour du banc où huit jeunes filles sont alignées et attendent le top départ. La chanson qui l’annonce commence et très vite les verres vides se lèvent.

Peu de joueuses portent réellement leur masque. Serait-ce parce qu’elles l’ont laissé au vestiaire ? Elles sont pourtant supposées l’avoir à tout moment si elles ne jouent pas.

Petit à petit, le retour aux vestiaires s’opère. L’espace étant limité et les joueuses nombreuses, elles n’y vont pas toutes directement. Celles qui restent se dirigent vers le bar pour retrouver leurs proches, amis et coéquipières. Mais quand le coup de sifflet annonce le début du match des seniors contre le ROC, rares sont celles qui ne sont pas revenues, prêtes à devenir à leur tour supportrices.

En regardant autour, on peut constater que les différents groupes gardent plus ou moins leurs distances. Cependant, une fois encore, avoir un verre, même vide, en mains semble être un prétexte suffisant pour ne pas avoir son masque sur le visage.

Et si jamais…

Pour la sécurité des spectateurs, les buvettes des clubs de sport, aujourd’hui fermée, se doivent d’observer les même règles que l’HoReCa. Armelle Delmelle

Si les mesures imposées par la fédération et le club ne sont pas respectées par tous, cela veut dire que le virus pourrait circuler plus facilement. M. Gatez, affirme donc que la fédération réalise un tracing des joueurs via une plateforme en ligne et a donné des règles strictes en cas de coronavirus dans un club. Par exemple si un joueur est positif après un match, la fédération doit en être avertie, les deux quinze de base sont mis à l’écart pendant une semaine et doivent faire des tests avant de pouvoir rejouer.

Si un spectateur présent lors de la journée devait se révéler porteur de la maladie, le club devrait alors suivre les démarches prévues dans cette situation, proches des règles consacrées à l’HoReCa.

Le rugby sans contact, on l’aura compris, c’est impossible. Les règles ont été posées, mais pas toujours respectées en cette fin septembre et on n’entendra pas de si tôt les joureurs.euses se plaindre “Ref, ils n’ont pas mis leur masque sur le banc !“.

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