Prendre le temps de consommer local

La crise actuelle soulève de nombreuses questions, dont celle de la sécurité alimentaire à laquelle les commerces et les producteurs locaux répondent. Comme beaucoup d’autres, un maraîcher de Membach (Baelen) a vu la demande se décupler.

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Reportage photo : France Fouarge CC BY NC SA

La crise actuelle soulève de nombreuses questions, dont celle de la sécurité alimentaire à laquelle les commerces et les producteurs locaux répondent. Comme beaucoup d’autres, un maraîcher de Membach (Baelen) a vu la demande se décupler.

Reportage photo : France Fouarge CC BY NC SA

Cette vie de confiné entraîne son lot de nouvelles habitudes. Après une première ruée vers les supermarchés, ce sont dorénavant les commerces et les producteurs locaux qui sont pris d’assaut. Le Centre Interprofessionnel Maraîcher (CIM) parle ainsi de commandes qui ont doublé et même triplé chez leur membres, une centaine de maraichers wallons. La Tit’Mariot, terrain de maraîchage logé dans une vallée du hameau de Membach (Baelen, Liège), n’y échappe pas. De plus en plus de riverains osent franchir le ponton d’entrée : Damien Campagna et Céline Frenay ont ainsi vu leur chiffre d’affaires se décupler par rapport à la même période de l’année dernière. La demande est telle, qu’un samedi matin le maraîcher a à peine le temps d’arroser et de préparer ses semis pour la saison à venir (celle-ci commence à peine après tout) que les premiers curieux arrivent.

Photo : France Fouarge CC BY NC SA
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« Je connaissais déjà le terrain. Je passais justement devant en me baladant : c’était l’occasion de venir faire un tour. On a le temps en ce moment ! », s’amuse Christophe, agronome de formation, mais surtout voisin de la Tit’Mariot. Beaucoup de nouvelles têtes, des riverains en promenade ou même en jogging, découvrent le commerce. C’est le cas de Béatrice qui admet ne pas connaître les petits producteurs de la région : « Je travaille en Allemagne, je rentre vers 18 heures chez moi. C’est difficile d’aller me fournir chez eux à cette heure-là ! »

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Damien et Christophe discutent “vignes” à deux mètres de distance réglementaire. Photo : France Fouarge CC BY NC SA
Béatrice s’étonne de voir des chicons sortir de terre devant ses yeux. Photo : France Fouarge CC BY NC SA
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Cette période se révèle être une aubaine pour les maraîchers, mais elle n’est pas toujours évidente à gérer. « De plus en plus de personnes viennent vers nous non pas pour des légumes, mais pour des plants car les horticulteurs, eux, restent fermés jusqu’à présent. Certains veulent ainsi profiter de leur temps, mais d’autres sont poussés par la peur, la peur de ne plus savoir nourrir leurs enfants. » Un regain d’intérêt bien souvent accompagné d’un manque de connaissances. « Les graines de courgette, on peut les semer directement dans notre jardin n’importe où dans la pelouse ? », s’interrogent Yves et Sabine. Ce couple a conscience de ne pas bénéficier du temps pour se lancer dans un potager, mais aimerait tout de même bien faire pousser autre chose que des aromates chez eux. Un passage sur le terrain se transforme dès lors en un échange pédagogique : Non, il est beaucoup trop tôt pour trouver des tomates. Oui, c’est possible de cultiver des chicons en pleine terre…

Photo : France Fouarge CC BY NC SA
Sabine s’applique pour noter sa commande de la semaine prochaine. Photo : France Fouarge CC BY NC SA
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Cet engouement pour le circuit court ne doit pas dissimuler les enjeux de sécurité alimentaire et la pénurie alimentaire mondiale contre laquelle l’ONU met en garde. Il faudra alors bien plus que de la curiosité pour tendre vers un système plus résilient. Les petits agriculteurs, ainsi que certains acteurs du monde scientifique et associatif se disent prêts car « c’est dès maintenant que l’on doit s’y préparer : les semis, la nature n’attendent pas ! »

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