Le royaume des femmes, la fin d'un sacre

Les montagnes du sud-ouest de la Chine accueillent une des dernières sociétés matrilinéaires. Les femmes Mosos vivent toujours selon des traditions qui leur donnent un rôle prépondérant. Les coutumes ont pourtant la vie dure, tiraillées entre l'afflux de touristes et un gouvernement en quête d'uniformité.

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Photos : L. Thouvenin - M. Van Inthoudt

Les montagnes du sud-ouest de la Chine accueillent une des dernières sociétés matrilinéaires. Les femmes Mosos vivent toujours selon des traditions qui leur donnent un rôle prépondérant. Les coutumes ont pourtant la vie dure, tiraillées entre l’afflux de touristes et un gouvernement en quête d’uniformité.

Photos : L. Thouvenin – M. Van Inthoudt

Les revendications d’égalité de genre rythment notre actualité depuis plusieurs années. Féminisme et patriarcat s’affrontent, et les rares sociétés matrilinéaires encore en place semblent s’effacer peu à peu au profit des cultures dominantes. Les Moso en sont l’exemple parfait. Ce peuple, isolé dans les montagnes chinoises bordant le lac Lugu, place la femme en cheffe de famille depuis des générations. Leur société est régie par une matrilinéarité presque complète : la femme détient les biens et les finances, transmet son nom, son patrimoine, et elle occupe la tête de grandes familles.

Malgré une identité très ancrée dans la mémoire collective, tourisme et gouvernement ont eu raison de la culture originelle. Les mises en scène et les spectacles ont remplacé les célébrations traditionnelles. Les agences touristiques pervertissent les coutumes d’union libre. Comment cette ethnie est-elle influencée par ces différents acteurs ?

photo: L. Thouvenin

Pour l’instant, il nous reste quelques traditions, mais on va le regretter. La langue moso se parle, elle n’est pas écrite, alors toutes les coutumes qui s’effacent seront perdues pour toujours. »

Na Ji – femme moso

Le mook « Le royaume des femmes, la fin d’un sacre » est parti à la rencontre de ce peuple en pleine mutation. Des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, des experts et des journalistes nourrissent une réflexion qui va au-delà des frontières chinoises. Ce projet questionne les cultures et la manière dont les femmes animent une société. Il interroge les puissances dirigeantes et leur implication dans la façon dont les peuples perçoivent leur propre communauté.

Le travail de terrain de cinq jeunes journalistes est au cœur du mook. La seule manière de récolter un contenu authentique était de vivre parmi les Moso, à l’autre bout du monde, dans un pays où la liberté d’expression ne fait pas partie des mœurs. Un challenge qui permet à ce mook d’ouvrir le débat ou du moins, de mettre un pied dans la porte qui y mène.

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