Anouk se remet difficilement d’un accident survenu il y a trois ans
Crédits Inès Vangansbek
Anouk est une jeune fille de 19 ans qui suit actuellement des études d’infirmière à Jette. Elle a le contact facile et ses amis peuvent discuter de tout et de rien avec elle. Mais aujourd’hui, elle aborde un sujet plus délicat qui l’impacte encore à l’heure actuelle : son accident de voiture survenu il y a trois ans maintenant.
Que s’est-il passé dans la soirée du 18 décembre 2022 ?
Le 18 décembre 2022, ma mère et moi étions invitées à un repas de famille pour midi à Gand. Je ne sais pas l’heure précise à laquelle nous avons démarré, mais il faisait déjà noir quand nous rentrions vers Bruxelles. Ma marraine qui était partie, même pas cinq minutes avant nous, nous avait prévenu de faire attention sur la route car il y avait pas mal de verglas, il faisait très froid, il gelait et pleuvinait légèrement.
Dans la voiture, nous n’étions que ma mère et moi, toutes les deux à l’avant. Après nous être lancées sur l’autoroute, nous avons aperçu que toute à gauche, sur la troisième bande, il y avait une voiture noire accidentée. Ma mère n’a su l’esquiver qu’au dernier moment. La voiture se fondait dans le décor avec ses phares éteints. Nous avons ensuite perdu le contrôle de la voiture, notamment à cause du verglas. De l’autre côté, sur la bande d’arrêt d’urgence un peu plus loin, il y avait deux voitures également accidentées. Malheureusement, à cause du verglas et de la vitesse, notre auto a glissé jusqu’à là-bas et a percuté les deux véhicules par l’arrière. Il y a eu un gros boum, les airbags ont explosé et la voiture a rebondi quelques mètres plus loin.
Que s’est-il passé après l’impact ?
Avec ma mère, nous sommes directement sorties de la voiture qui commençait à fumer et nous nous sommes placées derrière les barrières Nadar. J’étais très stressée, mais en plus de ça, j’avais perdu mes lunettes. Etant myope, sans elles, je ne voyais plus rien.
Les personnes arrêtées sur la bande d’arrêt d’urgence sont rapidement venues nous aider, elles nous ont donné des couvertures et de quoi se réchauffer. Dans mes souvenirs, il faisait vraiment froid ce soir-là. Un homme m’a ramené mes lunettes que j’avais perdues durant l’impact, …
Mais malheureusement, l’incident ne s’arrête pas là, car voyant l’ampleur de l’accident plusieurs autres véhicules se sont arrêtés pour nous demander si tout allait bien et suite à cela, huit voitures se sont successivement rentrées dedans.
Avez-vous réalisé tout de suite ce qui venait de vous arriver ?
En même pas une minute, nous avions réalisé ce qu’il venait de se passer, nous savions qu’il s’agissait d’un accident et que nous avions eu de la chance ne pas perdre connaissance.
C’est vrai que je n’ai pas compris tout de suite ce qui avait engendré l’accident, c’était très flou et mon esprit était boosté par l’adrénaline. C’est grâce aux explications des gens autour de moi et de ma mère que j’ai réalisé ce qui nous était arrivé et que c’était grave ! Pleurs, choc et froid, ce sont les mots qui décrivaient le mieux ma situation.
Êtes-vous ressorties de l’accident avec des blessures ?
Au début, je minimisais beaucoup. Je disais que je n’avais mal nulle part, qu’il fallait juste s’occuper de la voiture et de prévenir la famille.
Je n’ai réalisé qu’au bout d’une heure que mon poignet était cassé. La douleur est apparue bien après l’accident. C’est l’explosion des airbags qui est à l’origine de nos blessures et fractures. Ma mère, pour sa part, a eu plusieurs côtes cassées.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué ?
Je dirais qu’il y a trois choses qui m’ont vraiment marquée durant l’accident. Tout d’abord, les cris et les excuses de ma mère pendant que nous perdions le contrôle de la voiture. Elle me demandait pardon, mais je savais que ce n’était pas de sa faute.
Ensuite, ce sont les bruits forts et métalliques des voitures qui se rentraient dedans les unes après les autres. Et ce bruit-là me revient parfois en tête encore aujourd’hui.
Et enfin, je dirais l’état de la voiture après la collision. Tout l’avant était détruit et le véhicule a d’ailleurs été classé perte totale.
Quel soutien vous a été le plus utile après l’accident ?
Je suis directement allée voir mes amis. Etant une personne très sociable, je ne m’empêchais pas de faire des choses à cause de l’accident. Comme c’était les vacances, j’avais déjà prévu pas mal de moments avec mes copains. J’ai été à des anniversaires, j’ai profité des congés, des soirées pour oublier tout ça. J’ai vraiment eu ce besoin de voir des gens. La nuit de l’accident, j’avais même appelé ma meilleure amie pour lui annoncer.
Mes amis étaient vraiment là pour me distraire et me soutenir. Ça m’a aidé de socialiser pour ne pas rester bloquée sur l’accident et le ressasser dans ma tête. Je savais que je pouvais compter sur eux, les appeler et me confier quand je le voulais.
Je n’ai pas ressenti personnellement le besoin d’aller voir un professionnel. Je me disais simplement : ‘Il faut que je passe à autre chose le plus vite possible. J’ai vécu un accident, ça s’est réellement passé maintenant, on ne peut rien y faire, il faut continuer à vivre’ .
Comment cet accident vous impacte-t-il encore aujourd’hui, bientôt trois ans après ?
Depuis ce jour-là, ma situation à la maison a changé. En effet, l’accident, combiné à plein d’autres facteurs, a engendré un burn-out chez ma mère qui dure maintenant depuis trois ans. Ce n’est pas la cause directe de son burn-out mais s’en est, en tout cas, l’élément déclencheur.
Aujourd’hui, je stresse encore énormément avant de monter dans une voiture quand il fait noir, qu’il pleut, qu’il fait très froid dehors. Ça me rappelle les conditions météorologiques du jour de l’accident. J’ai toujours un doute plus important dans ces moments-là. J’ai peur que ça puisse se reproduire.
Depuis, je fais plus attention à la route, je ne suis plus trop sur mon téléphone et j’angoisse quand les gens autour de moi ne conduisent pas bien.
Je garde toujours mes yeux sur la route, même si je ne conduis pas. L’accident reste en arrière-plan dans ma tête.
Cela me rassure aussi de préciser quand je monte dans une voiture que j’ai déjà eu un accident et que, pour cette raison, je serai plus attentive à la route que les autres passagers.

