La diversité de nationalité en Jupiler Pro League est-elle un facteur de performance ?

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Bence Balla-Schottner, récupéré sur Unsplash

Bence Balla-Schottner, récupéré sur Unsplash

Depuis l’introduction des playoffs en 2010, les joueurs non belges constituent la majorité des effectifs de la Pro League. Quels sont les facteurs qui expliquent cette diversité de nationalités, et est-elle synonyme de performances ?

Les terrains belges sont assurément multiculturels. Sur les 15 dernières années, plus de 10 000 joueurs étrangers sont passés par la Jupiler Pro League. Depuis, environ 250 joueurs belges et plus de 700 joueurs issus d’autres pays foulent chaque semaine les pelouses de la première division.
 


Pas tous logés à la même enseigne

La présence de ces joueurs étrangers questionne, au regard des règles restrictives en la matière. L’Union Royale Belge des Sociétés de Football Associées (URBSFA) impose aux clubs belges d’inscrire sur chaque feuille de match au moins 6 joueurs formés en Belgique, c’est-à-dire des joueurs qui ont passé au moins trois saisons dans un club belge avant l’âge de 23 ans. En plus de cette règle, l’Union des Associations Européennes de Football (UEFA) impose à nos clubs d’avoir huit joueurs formés au pays dans leurs rangs.

Ces contraintes, censées garantir une qualité de formation pour les joueurs belges, ne décortiquent pas la nationalité des joueurs, mais bien le temps passé en Belgique. Ce qui provoque inévitablement une logique à deux vitesses tant cette logique n’est pas accessible à toutes les écuries. Selon Issam Rahmani, recruteur à La Louvière (RAAL), certains des plus gros clubs peuvent se permettre de recruter de jeunes joueurs très tôt à l’étranger. Une stratégie qui permet de s’assurer de respecter ces règles, alors que le vivier de jeunes talents belges n’est pas infini, et qui permet aux clubs de recruter ces joueurs à moindre coût, en raison de leur âge. “Comme on est un club avec assez peu de moyens, on mise davantage sur les jeunes joueurs de la région, et leur montée en puissance” , détaille Issam Rahmani.

Quelle intégration au sein de l’effectif ?

Au fil des saisons, le nombre de joueurs belges est resté stable, alors que la transition d’un championnat de 18 équipes à seulement 16 a provoqué une baisse de 20% de joueurs étrangers dès 2023-2024. A en croire les clubs, les nationalités importent peu dans la mesure où la logique de recrutement est centrée sur la capacité d’intégration au sein du groupe. Issam Rahmani indique que plus que la nationalité, son club est attentif “à la ou les langues parlées parce que ce qui les intéresse, c’est la capacité d’adaptation du joueur au sein de l’effectif” .


La maîtrise des langues importe mais elle n’est pas non plus un critère excluant, confie le recruteur de la RAAL. “Si demain, on a l’occasion de recruter le futur Lionel Messi et qu’il parle mandarin, on ne va pas s’en priver pour autant. Dès leur arrivée, on demande aux joueurs s’ils désirent des cours de langue. Généralement, ils sont volontaires parce que ça fait partie du métier. C’est une question de professionnalisme” .

Des raisons purement économiques peuvent également expliquer cette forte présence de joueurs étrangers dans la Jupiler Pro League. Depuis quelques années, la Belgique s’est imposée comme une plaque tournante dans le monde du ballon rond. Nilson Angulo, ancien ailier d’Anderlecht, en est le parfait exemple : acheté pour moins de 2 millions d’euros en 2022, l’Equatorien a été revendu pour 17 millions d’euros à Sunderland cet hiver. Impliqué dans 13 buts en 22 matchs avec les Mauves cette saison, Angulo a le largement contribué au record historique battu par les clubs de Pro League lors des deux derniers mercato, qui ont enregistré 442 millions d’euros de chiffres d’affaires pour un bénéfice total de plus de 274 millions d’euros.

Le championnat belge est devenu un véritable tremplin pour de nombreux joueurs étrangers, où le scouting avisé permet d’importantes marges pour les clubs. En janvier 2026 encore, sur les 48 nouvelles recrues qui ont gonflé les rangs de la Jupiler Pro League, 36 étaient étrangères (pour 21 nationalités différentes). Preuve que pour bien vendre, il faut savoir dénicher de jeunes talents.

Les records de transferts observés cette saison ne sont donc pas le fruit du hasard dans un système ou la performance sportive passe peut-être trop souvent après la logique de valorisation. Plus qu’un championnat, la Jupiler Pro League est devenue un marché et sa capacité à maintenir un équilibre entre trading et performances conditionnera largement sa compétitivité dans les années à venir.

Boîte noire

Pour réaliser cet article, nous avons recensé, grâce à Transfermarkt, tous les joueurs passés en division 1 belge depuis la saison 2010-2011. Pour chaque saison, nous avons référencé l’équipe pour laquelle ils jouaient, leur nationalité et le classement final des clubs (après les Playoffs). Une fois le recensement effectué, nous avons analysé ces données, que nous avons mises en perpective aves les chiffres liés l’évolution du marché (dépenses, revenus et bénéfices des mercato de Jupiler Pro League).

Base de données

Source bénéfices mercatos

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