La contraception, une affaire de femmes ?

Depuis son apparition, la contraception repose principalement sur les épaules des femmes et entraîne une charge psychologique et mentale. Le projet "Contraceptalk" met en lumière ce phénomène. 

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Illustrations : Contraceptalk

Depuis son apparition, la contraception repose principalement sur les épaules des femmes et entraîne une charge psychologique et mentale. Le projet “Contraceptalk” met en lumière ce phénomène. 

Illustrations : Contraceptalk

Après la lecture de l’article “J’ai avorté, j’en veux à mon mec, et à la Terre entière” qui a fait beaucoup parlé de lui sur le blog Mademoizelle.com, nous, 10 étudiants en BAC 3 à l’IHECS, nous sommes rendus compte d’un problème qui persiste encore dans nos sociétés, celui de la contraception. Elle fait beaucoup parler d’elle, entre ses nombreux effets secondaires, son prix, sa charge psychologique, mentale, etc. Nous nous sommes donc demandé, pourquoi dans une société où les tabous autours de la femme se brisent, cette charge repose toujours principalement sur la femme ? Pourquoi les hommes sont-ils écartés de cette responsabilité ? Pourquoi les alternatives masculines peinent à s’imposer ? Tant de questions auxquelles nous avons eu envie de répondre au travers de notre projet multimédia Contraceptalk

Au fil des témoignages, nous avons observés que beaucoup de jeunes hommes étaient prêts à prendre en charge la contraception en essayant différentes alternatives disponibles sur le marché. Seulement, on ne peut pas dire qu’ils y sont vraiment incités. Très peu de moyens sont à l’heure actuelle disponibles, et ceux qui le sont, sont souvent peu attractifs et trop peu connus. A cela s’ajoute la peur des effets secondaires, le manque cruel de visibilité et surtout la confiance de la partenaire. En effet, que les hommes soient prêts à utiliser une contraception masculine est une chose, mais que les femmes soient prêtes à laisser cette charge à leur compagnon en est une autre. Surtout qu’en cas d’oubli, les conséquences impacteront d’autant plus la femme.

Lorsque la pilule a été commercialisée dans les années 60, elle a été perçue par les femmes comme une libération. Elles allaient, enfin, avoir une emprise sur leur désir ou non d’avoir un enfant. Cette nouveauté a permis à beaucoup de femmes de se sentir plus libres et moins stressées. Mais tout n’était pas rose. La pilule à cette époque avait des effets secondaires extrêmes et néfastes pour leur santé. Quelques années plus tard, les contraceptifs sont mieux dosés, mais toujours imparfaits. Néanmoins, une question s’est soulevée : et les hommes là-dedans ? 

A l’heure actuelle, il existe différents types de contraceptions. Mais si on vous demande quel contraceptif masculin existe, la plupart d’entre vous nous répondront sans doute le préservatif. Et vous n’avez pas tort ! Cependant, sa facilité d’achat et d’utilisation ont tendance à voler la vedette à ses camarades. Outre le préservatif qui a une fiabilité de 99%, il existe par exemple la contraception thermique qui consiste à porter un slip « chauffant » 15 heures par jour et qui est effectif au bout de 3 mois. De plus, il y a la vasectomie, une opération assez légère de 30 minutes seulement, mais considérée comme irréversible. Il faut donc bien réfléchir avant de passer à l’acte et l’éviter si vous voulez encore avoir des enfants. A côté de ça, il existe aussi de nombreux moyens qui ne sont pas encore commercialisés comme la pilule masculine, le Vasalgel, ou encore la valve à spermatozoïdes.

Nous vous l’accordons messieurs, vous n’avez pas énormément de choix à votre disposition. Alors, le réel problème se situe-t-il au niveau de l’enthousiasme des hommes à prendre la contraception ou plutôt aux industries pharmaceutiques qui ne prennent pas assez d’initiatives dans ce domaine ?

Les pharmaceutiques ne sont pourtant pas inactifs dans le domaine de la recherche sur la contraception masculine. Une pilule pour homme est d’ailleurs en cours de développement depuis plusieurs années, mais le processus est très long. En effet, beaucoup d’études se sont arrêtées car elles comportaient des effets secondaires, ce qui est assez ironique étant donné qu’ils sont identiques aux effets des contraceptifs féminins actuels. Le marché du contraceptif masculin peinerait donc à se développer parce qu’il n’y aurait pas de certitude que ces nouveaux contraceptifs soient rentables pour les industries. Il ne faut pas perdre de vue que le marché de la contraception féminine rapporte beaucoup d’argent. 

L’école joue un rôle important dans l’éducation à la contraception car toutes les familles ne sont pas ouvertes à ce sujet. Vous vous en souvenez sûrement, les élèves du secondaire ont droit à plusieurs animations EVRAS à l’école. Lors de ces animations, la contraception féminine y est abordée pour informer les jeunes filles sur leur différentes possibilités. Comme vous l’aurez deviné, la contraception masculine, exception faite pour le préservatif, n’y est jamais abordée. L’éducation inculque de ce fait l’idée, chez les filles, qu’elles ont le devoir de s’en charger. Les garçons quant à eux sont écartés de cette responsabilité.

Tout au long de notre projet projet, avec l’aide d’experts et de témoignages, nous avons tentés de répondre à cette problématique liée à la contraception, mais surtout de jouer un rôle dans la prise de conscience générale de cette inégalité. Le plus important, c’est de s’informer alors n’hésitez pas à aller consulter notre compte Instagram et notre page Facebook pour découvrir nos contenus. 

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