Dans les phares de la police

Une nuit aux côtés de la police d'Ottignies Louvain-la-Neuve

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Crédits : Inès Vangansbek

Une nuit aux côtés de la police d’Ottignies Louvain-la-Neuve

Crédits : Inès Vangansbek

Une fois la nuit tombée et les citoyens endormis, la police continue de veiller à la sécurité et à l’ordre en patrouillant dans les rues de la ville étudiante. Ils sillonnent leur zone pour couvrir un maximum d’interventions.

Un piétonnier aux couleurs orangées des lampadaires, des bars qui restent ouverts jusqu’au lever du jour et des étudiants à tous les coins de rue,  voilà ce qui pourrait décrire la ville estudiantine de Louvain-la-Neuve. Chaque soir de la semaine, c’est la fête. Il y a toujours bien un cercle, une casa, un bar qui reste ouvert et où l’on peut boire un coup et se trémousser. Les jeunes étudiants, tout comme les néolouvanistes s’y rendent bien volontiers. Mais quand il s’agit de rentrer chez soi, l’atmosphère se crispe. Les rues parfois mal éclairées, se ressemblant à quelques détails près ainsi que leurs recoins sombres ne donnent pas une image très sécurisante de Louvain-la-Neuve. La peur de tomber sur la mauvaise personne au mauvais moment traverse les idées de tout un chacun surtout en cette période hivernale où de moins en moins de personnes ne se promènent dans ses rues.

Cependant, des patrouilles de police circulent régulièrement sur le piétonnier. Leur présence rassure autant qu’elle ne dissuade. Mais une fois rentré chez soi, leur passage rassurant est aussi tôt oublié. Pourtant, pour eux, la nuit ne s’arrête pas à une visite de la cité universitaire, mais continue pour assurer des dizaines d’interventions sur la zone d’Ottignies Louvain-la-Neuve.    

Mais alors, que se passe-t-il concrètement lors d’une nuit d’interventions policières ?

Le briefing entre rires et sérieux

La nuit de garde commence par le roulement des équipes. Les collègues qui ont assuré l’après-midi cèdent leurs places à la brigade de nuit. Les équipes sont habituellement composées de 6 à 7 personnes comprenant 1 à 2 femmes. Peu avant le briefing du soir, l’atmosphère au poste est décontractée. Les policiers se laissent aller à quelques blagues et rires, ils écrivent sur une baie vitrée les duos de policiers qui patrouilleront ensemble le soir même et attendent les explications du commissaire en chef dans la salle de réunion. Celui-ci débute le briefing en rappelant les interventions qui ont eu lieu l’après-midi et qui nécessitent un suivi. Il projette également sur un écran accroché au plafond et visible de tous, les nouvelles missions confiées par le call-center de la province du Brabant Wallon. En effet, même si la zone de police d’Ottignies Louvain-la-Neuve n’opère que sur le territoire du même nom, elle est tout de même informée de ce qu’il se passe au sein la province.

Une nuit rythmée par les interventions

Une fois les missions obligatoires énoncées et les tasses de café bues, les duos de policiers prennent possession de leur véhicule pour la soirée. Ils partent sillonner les routes et piétonniers de la ville estudiantine. Leurs voitures sont équipées d’une tablette sur laquelle les nouvelles interventions apparaissent en temps réel, mais également d’une télécommande qui active, entre autres, les gyrophares et sirènes.

Dans l’habitacle, les collègues discutent de tout et de rien, que ce soit de la famille, de la vie, du boulot, … avec en arrière-fond, la radio presque inaudible. Une bonne ambiance est toujours conseillée au sein des équipes, sinon les nuits pourraient paraître extrêmement longues. Mais très vite, le sérieux revient quand une intervention tombe. Les équipes se coordonnent à distance via des talkies-walkies pour savoir quel duo est le plus proche du lieu d’intervention.

Ces rondes de nuit ne sont pas animées par des interventions plus rocambolesques les unes que les autres mais bien par la diversité des missions auxquelles les policiers sont confrontés : alcool, pauvreté, bagarre, disparition, vol, … . 

Le plus souvent, nous sommes confrontés à la misère du monde

Un policier de la zone d’Ottignies Louvain-la-Neuve

Les policiers font, par exemple, régulièrement face à des défauts de paiement des tickets de train. Même si dans la plupart des cas, il s’agit de fraudeurs, il arrive parfois que les policiers soient confrontés à des personnes sans domicile fixe qui n’ont pas d’autre choix que d’emprunter les trains pour survivre aux froides nuits d’hiver. Dans ces circonstances, les forces de l’ordre adoptent un comportement bienveillant en donnant des recommandations et conseils à ces personnes sans le sou.

Une conduite scrutée

Lors des patrouilles, les inspecteurs sont aussi tenus d’observer la conduite des automobilistes qui les entourent. Cela peut parfois mener à des contrôles d’alcoolémie ou de stupéfiants lorsque les policiers les jugent nécessaires. Dans ces cas-là, le service roulage est appelé en renfort et il effectue des prélèvements salivaires ou encore des éthylotests. Il rédige également les PV et demande les retraits de permis après l’approbation d’un magistrat ou d’un officier de police. Les forces de l’ordre ont également un rôle moralisateur et rappellent, dès que possible, que la conduite sous influence est dangereuse et peut mener à des accidents, blessures et dans les cas les plus graves à la mort.

Les rencontres avec des personnes alcoolisées sont fréquentes à Louvain-la-Neuve puisque c’est une ville étudiante connue pour ses fêtes et ses cercles. Les policiers n’ont qu’un mot d’ordre lors de ce type d’intervention : la patience.

À côté de ça, les policiers doivent obligatoirement passer à plusieurs reprises sur la dalle. C’est le nom donné au piétonnier de Louvain-la-Neuve. Le tour de la ville n’est pas long puisqu’elle se compose de trois grands axes. Cependant, les rondes ne dépassent jamais l’allure du pas ( 5km/h ). Louvain-la-Neuve reste une ville piétonne où les chiens sont souvent sans laisse, les cyclistes peu conscients de leur vitesse et les jeunes parfois bien imprégnés.

Quand le soleil commence à se lever, il y a de moins en moins d’interventions ou d’urgences. Les équipes en profitent alors pour rentrer au poste et rédiger des rapports complets de chacune des missions avec ce qu’elles ont fait sur place ainsi que les identités des personnes rencontrées. Ces petits mémos permettent aux équipes suivantes de savoir ce qu’il s’est passé durant la nuit et sont donnés au moment du prochain briefing.

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