COVID long : le parcours (de soins) du combattant

Après une infection au COVID-19, des symptômes peuvent persister chez certaines personnes, et faire de leur quotidien un enfer. En juillet 2022, un trajet de soins spécifique et reconnu a été proposé aux patients Post-COVID. Cinq mois plus tard, le bilan est-il positif ?

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Photo : Matthew Henry

Après une infection au COVID-19, des symptômes peuvent persister chez certaines personnes, et faire de leur quotidien un enfer. En juillet 2022, un trajet de soins spécifique et reconnu a été proposé aux patients Post-COVID. Cinq mois plus tard, le bilan est-il positif ?

Photo : Matthew Henry

En cette fin d’année 2022, le COVID-19 n’est plus une priorité sanitaire, ni médiatique. En effet, d’autres préoccupations s’imposent désormais à nous (crise énergétique, invasion russe en Ukraine…). Or, certain·es ne sont toujours pas guéri·es du coronavirus, notamment les personnes ayant contracté le “COVID long”, maladie peu connue qui est pourtant une véritable source de mal-être pour les personnes qui en sont atteintes. 

Les symptômes sont lourds, et véritablement handicapants au quotidien. Parmi ceux-ci : épuisement, maux de tête et troubles de la mémoire sont les plus fréquents. Une personne souffrant de COVID longue durée peut également présenter des dysfonctionnements cognitifs, ainsi qu’une plus forte tendance à l’anxiété et à la dépression. Évidemment, ces symptômes diffèrent et se manifestent plus ou moins intensément en fonction de chaque personne. 

« On compte sur les médecins et les médecins comptent sur nous »

Ces symptômes nécessitent donc un suivi médical relativement important, qui peut s’avérer coûteux. Après plusieurs mois de bataille pour une reconnaissance du problème par le gouvernement, l’heure de la prise en charge des patient·es a enfin sonné. Début juin 2022, le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke annonce que l’Inami a dégagé un budget de 7,1 millions d’euros afin d’offrir un meilleur remboursement des consultations médicales et un trajet de soins personnalisé pour les milliers de Belges atteint·s par ce COVID long.

Depuis le 1er juillet 2022, le patient post-COVID peut choisir entre 2 types de trajet de soins : soit le trajet de soins monodisciplinaire, qui laisse le choix entre le remboursement des consultations en kinésithérapie, en logopédie ou en psychologie, ou le trajet de soins pluridisciplinaires qui permet au patient de regrouper plusieurs types de soins tels que ceux en kinésithérapie, ergothérapie, diététique, logopédie et/ou psychologie. Dès le premier diagnostic chez un·e médecin généraliste, le ou la patient·e bénéficie alors de six mois de trajet de soins, renouvelables une fois. Un système qui, sur le papier, parait tout à fait juste. Mais en réalité, ce parcours de soins n’est pas si idyllique.

Dans ce podcast, Delphine, Juliette (nom d’emprunt) et Anne-Sophie racontent la constitution du trajet de soins mise en place, et en détaillent surtout les écueils.

Sur son site, l’Assurance soins de santé et indemnités (INAMI) affirme que le trajet de soins est évalué régulièrement et ajusté si nécessaire. Les dépistages et les traitements neurocognitifs devraient être développés dans une deuxième phase, mais rien n’a encore été annoncé officiellement.

Nous avons contacté plusieurs organismes de santé, tels que l’INAMI, le Service Public Fédéral (SPF) Santé publique, l’Agence pour une Vie de Qualité (AViQ), Sciensano ou encore l’Ordre des Médecins. Il en ressort qu’aucun d’entre eux n’a pu répondre à nos questions et tous se renvoient la patate chaude lorsqu’on aborde le sujet du trajet de soins post-COVID.

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