Bruxelles 2050, une capitale après l'effondrement

Imagine, demain Bruxelles s'effondre.

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Mathilde Vandenbussche

Imagine, demain Bruxelles s’effondre.

Mathilde Vandenbussche

Nous sommes en 2050. Certains l’avaient prédit, d’autres avaient juré que ça n’arriverait jamais, que le système en place était solide comme un roc. La majorité avait continué son train- train quotidien en croisant les doigts pour que demain continue à ressembler à hier, en un peu mieux si possible. Et puis c’est arrivé, Bruxelles s’est effondrée, aboutissement d’un « processus à l’issue duquel les besoins de base ne sont plus fournis à une majorité de la population par l’ État », d’après la définition d’Yves Cochet, ancien Ministre français de l’ Écologie. On ne sait déjà plus très bien à quoi est dû cet effondrement. Était-ce un nouveau virus ravageur, la fin du pétrole, des chocs climatiques ? Sûrement un peu de tout ça à la fois.

Bruxelles s’est effondrée, mais pas les Bruxellois. L’humain est plus coriace qu’une teigne, plus coriace en tout cas que la société thermo-indus- trielle, comme l’appellent les collapsologues. La collapsologie, c’est, selon le Petit Larousse, « la théorie de l’effondrement global et systémique de la civilisation industrielle, considéré comme inéluc- table à plus ou moins brève échéance, et des alter- natives qui pourraient lui succéder ». C’est sur- tout la fin d’une ère et le début d’une nouvelle, où tout est à reconstruire. Dans ce mouvement, la grande oubliée reste la ville, dont la grise robe austère ne résiste pas aux sirènes chatoyantes des campagnes autosuffisantes. Pourtant, la moitié de l’humanité vit aujourd’hui en milieu urbain. Le futur de Bruxelles, ville-monde et village, cœur de l’Europe, ville d’adoption de 179 nationalités, mais aussi la nôtre depuis cinq ans, nage dans le flou de l’impensé collapso. Trente ans, c’est court pour inverser le cours de l’His- toire mais aussi suffisamment long pour que les scénarios possibles se meuvent. Un paramètre commun relie les multiples variantes : notre capacité à nouer du lien social. En cas d’apo- calypse, l’absence de communs accentuera les inégalités préexistantes et l’individualisme dé- bridé hérité du capitalisme règnera en maître. Dans le meilleur des mondes, l’entraide, le par- tage et la considération pour autrui permettront de stabiliser nos fragilités. La réalité se situera probablement entre les deux extrêmes.

Comment nourrir, loger, occuper le petit million de Bruxellois ? C’est entre autres à ces questions que nous tenterons de répondre dans les pages qui suivent. Les thématiques abordées ne prétendent pas à l’exhaustivité, loin de là. Logique, si tout est à revoir.

Bon effondrement !

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