A quand des fruits et légumes sans plastique en Belgique ?

Dès janvier 2022, la France bannira les emballages en plastique d’une trentaine de fruits et légumes, et cette interdiction concernera l'intégralité du rayon à partir de juillet 2026. Alors que nos voisins légifèrent en la matière, aucune mesure équivalente n'est prévue en Belgique. Mammouth vous explique pourquoi.

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Photo: Karolina Grabowska

Dès janvier 2022, la France bannira les emballages en plastique d’une trentaine de fruits et légumes, et cette interdiction concernera l’intégralité du rayon à partir de juillet 2026. Alors que nos voisins légifèrent en la matière, aucune mesure équivalente n’est prévue en Belgique. Mammouth vous explique pourquoi.

Photo: Karolina Grabowska

Il est de notoriété publique que le plastique n’est pas biodégradable et se maintient des centaines d’années dans la nature avant de se décomposer. Il ne faut plus non plus démontrer que le recours massif au plastique cause de réels dégâts sur la faune et la flore. Alors comment justifier le fait que nos tomates, nos poires, nos salades ou nos concombres soient toujours emballés dans du plastique ? 

PLASTIQUE : POLLUANT MAIS PRATIQUE

Si le secteur alimentaire a encore majoritairement recours au plastique, c’est parce qu’il voit de nombreux avantages industriels. Selon Jacinto Palma Dias, directeur des produits frais de Cora-Match, le plastique permet de « caler » les aliments, et facilite la mise en rayon des produits. De la sorte, les magasins évitent les manipulations directes des fruits et légumes, et réduisent donc leur endommagement.

Le représentant de Cora-Match assure que les supermarchés planchent depuis longtemps sur des alternatives écoresponsables, sans pour autant parvenir à les mettre en pratique. De plus, la pandémie de Covid-19 aurait anesthésié leurs efforts. En comparant l’écoulement des stocks des fruits et légumes en vrac à ceux sous emballages plastiques, il estime que pour “les clients, un produit emballé était synonyme de produit non contaminé”. 

Cet argument est pourtant balayé par Marc Sautelet, chargé de projet pour l’association Zero Waste, qui brandit une étude du Lance. Cette dernière démontre en effet que « le coronavirus peut survivre plus longtemps sur des surfaces en plastique que sur des surfaces en tissu ou en papier ».

ET CONCRÈTEMENT, EN BELGIQUE ?

La Belgique se montre toujours frileuse à l’idée de légiférer. Selon Bruno Kestemont, chef environnement au Cabinet de la Ministre fédérale Ecolo de tutelle Zakia Khattabi, “la Belgique se refusait d’être la pionnière en Europe”.

Pour des raisons industrielles et économiques, les partis politiques ne parviennent pas à trouver un consensus sur l’interdiction de ces emballages qui divise toujours le Nord et le Sud du pays. Reste à voir si la transition vers des rayons sans plastique opérée en France inspirera la sphère politique belge.

Cet article a été imaginé dans le cadre de la Semaine de l’Info Constructive.

Initiée par NEW6S, la Semaine de l’Info Constructive est un événement annuel qui mobilise un maximum de rédactions francophones belges autour de la démarche constructive. Celle-ci vise à se détourner d’un traitement anxiogène de l’actualité, pour lui préférer une approche axée sur les perspectives, les solutions et les pistes de réflexion concrètes. En d’autres termes, à la fameuse règle des 5W enseignée dans les écoles de journalisme (who did what, where, when and why), il s’agit d’ajouter une sixième dimension : what do we do now ?
Plus d’infos : www.new6s.be

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