Un podcast pour comprendre pourquoi le traitement médiatique de l’extrême-droite en Belgique est à un tournant
Face à la montée de l’extrême droite et à l’essor des réseaux sociaux, ce cordon sanitaire politique et médiatique est de plus en plus remis en question.
Depuis les années 90, la Belgique applique un principe unique en Europe : le cordon sanitaire. Il s’agit d’un accord entre partis démocratiques pour exclure l’extrême droite du pouvoir, complété par un dispositif médiatique visant à limiter sa visibilité en ne lui donnant par la parole en direct.
Mis en place après le “dimanche noir” de 1991, ce mécanisme a longtemps été considéré comme efficace, en particulier en Wallonie, où l’extrême droite ne s’est jamais durablement imposée. Mais aujourd’hui, ce modèle montre des signes de fragilisation.
En Flandre, le Vlaams Belang s’est installé dans le paysage politique et, avec un score de 13%, est arrivé en seconde place après la N-VA. Une situation qui rend l’application du cordon plus complexe.
Parallèlement, les réseaux sociaux bouleversent les règles du jeu. Les partis peuvent désormais s’exprimer sans passer par les médias traditionnels, contournant ainsi le cordon médiatique.
Dans les rédactions, des questions se posent et certains estiment que le cordon sanitaire doit évoluer. À l’étranger, notamment en France, l’extrême droite est davantage confrontée que tenue à l’écart.
Entre efficacité historique et limites contemporaines, le cordon sanitaire belge est aujourd’hui à un tournant. Parviendra-t-il encore à tenir l’extrême droite à l’écart, alors qu’une partie du débat politique se déplace hors de son périmètre ?

