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À Bruxelles, des bénévoles assemblent des drones pour soutenir l’Ukraine

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À Bruxelles, des bénévoles assemblent des drones pour soutenir l’Ukraine

Dimanche, fin de journée à Bruxelles. La pluie vide les rues et le soleil disparaît peu à peu. Un groupe d’inconnus se rassemble dans un lieu caché du grand public. Ingénieurs, professeurs, étudiants : ils rient, échangent autour de tables où ils assemblent des drones pour l’Ukraine. Face au manque de moyens technologiques et militaires en Ukraine, un groupe d’Européen fonde à Bruxelles Wings for Europe en 2024. Partie d’un groupe de 10 personnes, l’initiative a grandi pour réunir aujourd’hui une centaine de volontaires. Avec un objectif commun : soutenir l’Ukraine.

La fabrication d’un drone peut prendre jusqu’à huit heures la première fois, et environ deux heures pour un « angel » (bénévole) plus expérimenté. Une fois qu’un nombre suffisant d’appareils est assemblé, ceux-ci sont envoyés aux unités ukrainiennes au front. Des puces d’entraînement sont distribuées aux nouveaux bénévoles pour qu’ils puissent s’exercer.

Derrière ces drones, des bénévoles venus d’horizons différents s’engagent chaque semaine à Bruxelles. Arnaud Stevins, Bruxellois, lui aussi bénévole, illustre cet engagement au quotidien. Au début de la guerre en Ukraine, il a décidé d’accueillir trois Ukrainiens chez lui. Depuis peu, quand il le peut, il passe ses dimanches autour de cette table avec les autres angels. « J’essaie de faire ce que je peux pour aider, j’espère que cela fera une différence », confie-t-il. Grâce à ses bénévoles et aux dons de particuliers, Wings for Europe envoie aujourd’hui plus de mille drones par an aux unités ukrainiennes.

« Les personnes qui nous rejoignent veulent faire quelque chose de concret, pas simplement rester spectateurs », affirme Bartas Trakym, leader de l’organisation. « Si vous ne donnez pas les outils à ceux qui sacrifient leur vie, quelle est votre valeur ? » 

À des milliers de kilomètres de Bruxelles, à Pokrovsk, la 25e brigade aéroportée attend ces drones. Pedro Paiva, volontaire brésilien engagé aux côtés de l’armée ukrainienne depuis 2023, résume leur impact : « Ils servent à tout. Leur importance est énorme. En ce moment, ils sont la colonne vertébrale de l’armée. »

À Bruxelles, la guerre semble lointaine, et pourtant elle est omniprésente. Dans la pièce d’à côté, l’odeur du bortsch se répand. Des volontaires ukrainiens préparent ce plat traditionnel pour les autres, le temps d’une pause.

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