Père Tanguy, coeur battant de l'Abbaye de La Cambre

Affecté depuis 2013 à l'unité pastorale Sainte-Croix d'Ixelles, "Père Tanguy" a insufflé une vie nouvelle à la communauté de La Cambre.

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Danièle Hayum (CC NC BY ND)

Affecté depuis 2013 à l’unité pastorale Sainte-Croix d’Ixelles, “Père Tanguy” a insufflé une vie nouvelle à la communauté de La Cambre.

Danièle Hayum (CC NC BY ND)

Père Tanguy est jeune, charismatique, bientôt la quarantaine. Pourtant, il ne fait pas son âge. Un air insouciant cache des réflexions profondes. Son charisme, le fait de prendre son temps même quand il ne l’a pas, un mot doux par-ci, un sourire par-là, font de lui un personnage spécial.

Il voit loin, mais pas toujours juste.

Père Hugues

Nommé d’après le Saint Tanguy de Bretagne, il est, tout comme son homonyme, « un chien de feu. Il est fougueux, vif, et audacieux. Père Tanguy voit grand et loin, mais pas toujours juste. ». C’est ainsi que le décrit avec un clin d’œil son confrère, Père Hugues, de vingt ans son aîné. L’air paternel et bienveillant, il continue son éloge du plus jeune chanoine du moment de l’Abbaye Notre-Dame de Leffe : « Nous nous complétons, nous grandissons ensemble. Il me pousse, je le tiens. »

DIEU A TOUJOURS « FAIT PARTIE DES MEUBLES »

Père Tanguy a grandi dans et avec les traditions religieuses chrétiennes. La messe ponctuait chaque dimanche, la famille y allait réunie. « Nous avons été éveillés à la foi chrétienne dès le plus jeune âge », se rappelle-t-il. Aujourd’hui, elle rythme sa vie. Divisées entre des prières silencieuses solitaires tôt le matin et les messes, les laudes et les vêpres, ses journées ne permettent pas l’ennui. Et pour décompresser ? « Je fais pas mal de sport. A part ça, j’adore cuisiner. Je lis beaucoup ; des romans historiques surtout, et j’écoute de la musique. Du baroque français. »

DE L’UNIVERSITÉ CATHOLIQUE AU SÉMINAIRE

C’est à Louvain-La-Neuve que tout a commencé. Pendant quatre années, il y suit des études de Sciences politiques à l’Université Catholique. « J’ai eu envie de travailler dans le domaine quand j’ai commencé les Sciences po. A l’époque, je voulais passer les concours diplomatiques, j’étais à mille lieues de penser à la vie religieuse, de penser au sacerdoce. » A « LLN », il réside dans un kot chrétien et fréquente la paroisse universitaire. C’est ici qu’il (re)découvre l’importance de la prière, de la foi.

Pour sa famille, c’est toutefois la surprise quand il annonce vouloir rentrer en séminaire. Son choix fut-il accepté ? « Alors ça, c’est une autre chose », rit-il, la voix légèrement brisée par l’émotion. Rien ne le prédestinait à devenir prêtre.

Tu ne peux ignorer ta vocation.

Père Tanguy

Jeune diplômé et après mûre réflexion, il décide tout de même de suivre cet appel. « Avant de rentrer à l’Abbaye Notre-Dame de Leffe, j’ai fait 3 ans dans un séminaire diocésain pour devenir prêtre, curé de paroisse. Et c’est au séminaire que j’ai découvert ma vocation religieuse. La place importante qu’avait la communauté, le partage. Plus j’avançais, plus c’était une évidence qu’être seul dans un presbytère n’était pas pour moi. Donc au bout de 3 ans, je suis rentré à Leffe. »

C’est à ce moment-là qu’il a fallu faire preuve d’encore plus de patience et de compréhension envers ses parents. « Il leur fut très difficile d’accepter cette idée qu’était la mienne, de devenir novice, puis religieux », raconte-t-il, ému et perdu dans ses pensées. Mais ne pas suivre une telle vocation aurait été impossible. Au fond de lui, il savait que c’était la bonne décision. Pas de regrets, donc ? « Aucun ! », lance-t-il d’une voix forte, assurée. « Si c’était à recommencer, je recommencerai. Je poursuis dans la joie. »

« C’EST GRÂCE À TANGUY QUE LA CAMBRE EST AUJOURD’HUI CE QU’ELLE EST »

Tanguy est roux et dévoré par un feu intérieur, qui le fait avancer, questionner, réfléchir. Mais aussi donner. Donner de son temps, de son amour, de sa foi. Il vit pour sa passion qu’il adore partager avec son entourage. « J’attends toujours la fin de la messe, c’est un chouette moment de saluer les uns et les autres, d’échanger quelques mots, même si c’est juste un « Bonjour, comment ça va ? », un sourire. »

Admiré par les jeunes, il leur consacre beaucoup de son temps. Toujours à l’écoute de l’autre, il accompagne ses coreligionnaires sur leur chemin de la foi. Depuis son arrivée à La Cambre en 2013, quelques mois avant Père Hughes, il suit ses paroissiens dans toutes les étapes de leur vie. Ensemble avec son confrère, ils ont soudé la communauté, ont réussi à reconstruire une paroisse où l’on aime se rencontrer, partager, prier ensemble. Du baptême au lit de la mort, il guide les âmes qu’il croise.

Père Tanguy, toujours à l’écoute de ses paroissiens.
Les Pères Hugues et Tanguy sont épaulés par les enfants de choeur.
C’est à l’université que le Père Tanguy retrouve le chemin de la foi.
Ne jouant pas l’orgue, Père Tanguy dit « qu’il vaut mieux connaître ses limites. »
Les devoirs d’un prêtre sont très variées, dont aussi la rédaction du feuillet paroissial.
La liturgie fait partie du charisme des chanoines prémontrés.
Très tôt, il devient difficile de trouver une place dans l’église lors des messes dominicales.
L’Abbaye de la Cambre revit – cela encore pour une durée indéterminée.

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