José Longrée et son Disneyland du rock'n roll

À 51 ans, José-Benjamin Longrée est l’associé d’une des quatre plus grandes entreprises d’audit du Luxembourg, PWC. Il faut pourtant se rendre bien loin des bureaux et du monde des finances pour découvrir son jardin secret.

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Photo : Léa Nevraumont (CC BY NC ND)

À 51 ans, José-Benjamin Longrée est l’associé d’une des quatre plus grandes entreprises d’audit du Luxembourg, PWC. Il faut pourtant se rendre bien loin des bureaux et du monde des finances pour découvrir son jardin secret.

Photo : Léa Nevraumont (CC BY NC ND)

Bonnet vissé sur la tête, jogging et pull à capuche. C’est tout en décontraction que José Longrée ouvre les portes de ce qu’il appelle son “Disneyland du Rock’n roll”. Il ne faut pas longtemps pour comprendre ce qu’il entend par là. D’extérieur, une maison tout ce qu’il y a de plus banal. À l’intérieur, le studio poulpe, un studio d’enregistrement, véritable temple dédié à la musique.

L’idée du studio Poulpe est venue il y a quelques années. « J’ai toujours eu envie d’avoir un studio d’enregistrement à la maison pour enregistrer mes morceaux ». En 2013, il transforme cette maison pour en faire, d’un côté, un studio d’enregistrement de qualité professionnelle et, de l’autre, un sanctuaire pour entreposer sa collection d’instruments et d’objets ayant appartenu aux plus grandes stars de la musique. Et la liste est longue, voire très longue : de la veste de Michael Jackson à la guitare de Noel Gallagher en passant par des croquis de John Lennon. Les deux étages de cette maison sont remplis de l’ADN des meilleurs musiciens et chanteurs des années 50 jusqu’à nos jours.

Tous les murs de la maison sont recouverts d’affiches en tout genre

Le studio poulpe, c’est un peu la pièce que je rêvais d’avoir quand j’étais petit

Les rappels au studio poulpe se retrouvent partout dans la maison
José et un pantalon d'Elton John
Dans les mains de José, un pantalon Versace ayant appartenu à Elton John

Il est émerveillé comme un enfant lorsqu’il se balade dans la salle de jeux dont il a toujours rêvé. Cette passion pour les objets de stars peut paraître très extravagante à première vue, mais sa gestion demande beaucoup de sérieux. Il sait sur quel site aller, à quelle personne se fier, quand il s’agit d’acheter des objets de collection. A titre d’exemple, si trois pièce similaires sont vendues simultanément, il choisira toujours de miser sur la seconde, moins souvent prise d’assaut par les acheteurs.

Il confie être fatigué, parfois, lorsqu’il regarde l’ampleur de sa collection. En effet, il doit souvent se casser la tête afin de trouver le moyen de rapatrier d’immenses affiches, des objets fragiles ou encore de lourds instruments.

Batterie et guitares
À l’avant de la photo, une batterie utilisée par le groupe Kasabian lors de leur tournée mondiale

Mais le but de ces memorabilia et de ce lieu est de permettre aux personnes venant enregistrer ici, qu’il s’agisse de son fils ou bien encore d’autres amis musiciens, d’être dans un environnement « qui respire l’inspiration ».

Garçon jouant de la guitare
Le studio est pour l’instant utilisé par le groupe de son fils pour créer leur album

À sept ans, ma musique préférée c’était la deuxième balade de Chopin

Bercé dès son plus jeune âge dans le milieu musical grâce à une mère professeure de piano à la chapelle musicale Reine Elisabeth et un père violoniste amateur, José a tout naturellement joué du piano avant d’intégrer lui-même un groupe (Keep it secret). Après quelques décennies passées aux côtés de la musique classique, son fils Romain, âgé alors de treize ans, va le pousser à découvrir ou redécouvrir les plus grands groupes de rock d’avant et d’aujourd’hui.   

Musique et finances se rejoignent

Les deux mondes dans lesquels évolue José n’ont, a priori, rien en commun. Mais qu’il a essayé tout au long de sa carrière de faire se rencontrer. Les différents postes qu’il a occupés, tel que celui de directeur général chez CACEIS, l’ont obligé à voyager dans le monde entier. Lorsqu’il était à New York, par exemple, il emmenait ses clients voir un opéra au Carnegie Hall. « Je leur faisais découvrir des pièces d’opéra et quelque chose se passait dans leur système nerveux. On partageait une expérience commune qui nous rapprochait ».

À ses yeux, la principale différence entre son travail et sa passion demeure la manière dont l’un et l’autre s’inscrivent dans le temps. Alors que son travail chez PWC lui semble éphémère, le studio poulpe, à l’inverse, reste figé. Cette maison, sa collection, ainsi que les chansons qui ont été enregistrées ici, sont pour lui comme une bouteille à la mer pour les générations suivantes. « Cette partie de la maison est prête à décoller comme une soucoupe volante et à être à jamais coupée de l’humanité ».

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