Être cycliste à Bruxelles : une route sans obstacle ?

Infrastructures insuffisantes, trafic dense et sécurité routière toute relative, les cyclistes n’ont pas la tâche facile quand il s'agit de se déplacer à Bruxelles. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à enfourcher leur bécane. Alors, Bruxelles est-elle prête pour se mettre au vélo ?

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Thomas Michiels (CC BY NC ND)

Infrastructures insuffisantes, trafic dense et sécurité routière toute relative, les cyclistes n’ont pas la tâche facile quand il s’agit de se déplacer à Bruxelles. Pourtant, ils sont de plus en plus nombreux à enfourcher leur bécane. Alors, Bruxelles est-elle prête pour se mettre au vélo ?

Thomas Michiels (CC BY NC ND)

Prendre son vélo pour se rendre au travail, découvrir la ville ou simplement se perdre dans les rues de Bruxelles, c’est ce que font chaque année de plus en plus de cyclistes. C’est au cœur d’une rue à sens unique dans un quartier du nord d’Ixelles que Florine Cuignet, responsable de la politique bruxelloise pour le GRACQ (Groupe de Recherche et d’Action des Cyclistes Quotidiens), arrive dans un coup de pédale. Chaque jour, elle emprunte son vélo pour se rendre sur son lieu de travail à Bruxelles. Son rôle est de représenter les cyclistes auprès des pouvoirs publics. Grâce à son moyen de transport, elle est directement sur le terrain et peut pointer les problèmes que les cyclistes rencontrent au quotidien.

En ce moment, la petite ceinture à Bruxelles est en train d’être équipée par des pistes cyclables bidirectionnelles, séparées du trafic, larges et confortables pour les cyclistes. Cependant, énormément de carrefours sont mal organisés, voire ne sont pas du tout inclus dans les plans d’aménagement : « On se dit qu’on fera ça plus tard. Cela n’a pas de sens de proposer de bonnes conditions de sécurité pour les cyclistes sur une piste cyclable si à chaque carrefour le cycliste se sent perdu et démuni face à la circulation », explique la membre du GRACQ.

Florine Cuignet, membre du GRACQ

Florine Cuignet, membre du GRACQ

L’insécurité décourage les cyclistes

Dans une ambiance où klaxons, automobilistes qui s’énervent et congestion sont les principaux problèmes, se déplacer dans la ville de Bruxelles est infernal pour les cyclistes. Cela entraîne un sentiment d’insécurité chez certaines personnes qui se sentent découragées d’utiliser leur vélo. Pour les automobilistes qui doivent se déplacer, c’est tout aussi stressant de voir ces cyclistes qui déboulent parfois de nulle part. C’est pourquoi le GRACQ propose des formations intégrées directement au cursus scolaire. Le but ? Apprendre le code de la route et éviter les incompréhensions dès le plus jeune âge : « Si chacun à sa place sur les grands axes automobiles, c’est profitable pour tout le monde. C’est un raisonnement qui se fait au long terme », raconte Florine Cuignet. Les jeunes apprennent alors à se mettre dans la position du piéton, puis du cycliste et enfin de l’automobiliste.

Plus de 50 policiers à vélo à Bruxelles

Pour maintenir le respect du code de la route, l’inspecteur Pirnay, policier à vélo à la zone de police Bruxelles-Capitale depuis quatre ans, patrouille sur les routes du Pentagone. Il assure la sécurité dans l’hypercentre autour des pistes cyclables et des zones piétonnes pour empêcher que les véhicules ne se stationnent ou ne s’arrêtent dessus. Durant sa patrouille, il n’est pas surpris de voir que quelques automobilistes n’ont pas encore totalement compris le message. A l’arrêt sur la piste cyclable du Boulevard Maurice Lemonnier, le policier à vélo n’hésite alors pas à prendre son un Bic et son carnet pour noter leur plaque et les verbaliser d’une amende de 116 euros. Pour amener cette convivialité dans le trafic bruxellois, plus de 50 policiers à vélo se déplacent chaque jour.

Ixelles : la pression pour des pistes cyclables

Si Bruxelles n’est pas complètement accueillante pour les cyclistes, Ixelles semble plus avancée. Les Ixellois ont mis une grosse pression pour des pistes cyclables et ils ont réussi à obtenir la fermeture de la Chaussée d’Ixelles aux voitures. Depuis juillet 2018, seuls les bus et les vélos peuvent circuler librement.

Marie Thibaut de Maisières, porte-parole d’Elke Van den Brandt (Groen), la ministre de la Mobilité et de la Sécurité Routière à la région de Bruxelles-Capitale, monte sur sa bicyclette chaque jour pour amener ses enfants à vélo à l’école : « Il y a six ans, on était une dizaine de parents à amener nos enfants à l’école. Maintenant, il y a 40 parents. Cela été super vite et je suis sûre que l’année prochaine, nous serons 60 parents. Quand les autres parents verront que c’est efficace et rapide, que les enfants sont contents et qu’il ne faut pas se garer, ils viendront aussi amener leurs enfants à vélo à l’école. » Une révolution culturelle qui a été très rapide pour la ville. Selon la porte-parole, la ministre souhaiterait des pistes cyclables propres partout, mais c’est un changement qui risque de prendre beaucoup de temps.

Une autre des priorités de la ministre bruxelloise de la Mobilité est l’instauration de la zone 30 pour le 1er janvier 2021 car la vitesse reste un facteur aggravant. Grâce à cette nouvelle limite, les parents n’auront plus peur de laisser leurs enfants jouer dans les rues et la ville sera plus conviviale.

Alors, Bruxelles est-elle faite pour le vélo ? Marie Thibaut de Maisières trouve qu’Ixelles, Boitsfort et Bruxelles-ville deviennent agréables, mais une commune comme Schaerbeek pourrait s’améliorer. Le problème reste que la région ne peut pas tout. Les communes doivent aussi investir. « Il faut beaucoup d’argent et de temps, mais c’est 100% sûr, dans dix ans, Bruxelles à une autre gueule ! », conclut la porte-parole.

Un cycliste se promène dans Bruxelles

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