Endométriose : l'engagement de Laura

Laura court en tous sens. Depuis qu'elle a créé le compte Instagram Toi Mon Endo et l'ASBL qui y est adossée, elle n'arrête plus ses missions de sensibilisation pour visibiliser la maladie.

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Photo : Elodie Leroy (CC BY NC SA)

Laura court en tous sens. Depuis qu’elle a créé le compte Instagram Toi Mon Endo et l’ASBL qui y est adossée, elle n’arrête plus ses missions de sensibilisation pour visibiliser la maladie.

Photo : Elodie Leroy (CC BY NC SA)

Étudiante il y a encore deux ans, à 24 ans Laura Lequeu est maintenant présidente de l’ASBL Toi Mon Endo, ASBL qu’elle a fondée en juillet 2020. Pas à pas, elle tente de révolutionner le monde de l’endométriose en Belgique. Portrait d’une jeune femme qui veut visibiliser, sensibiliser et rassembler.

« Petite révolutionnaire »

Née le 21 août 1998, Laura Lequeu est surnommée « la petite révolutionnaire » par ses parents, elle veut changer le monde dès son plus jeune âge. Elle se prédestine à faire de la politique pour travailler à la cellule antiterrorisme de l’armée. Son but, agir pour le bien des gens. Elle commence alors un bachelier en sciences politiques. Rien à voir avec la présidence d’une ASBL donc, même si le bien être des gens est toujours au centre de ses préoccupations.

« J’ai été voir différents gynécologues. Tous me disaient que c’est normal de souffrir pendant les règles. Donc, à un moment donné, tu fais quand même confiance à la blouse blanche ».

Depuis le début de ses cycles menstruels, Laura souffre jusqu’à en pleurer. Il lui arrive de s’évanouir à cause de la douleur liée à ses règles. Elle consulte non moins de 22 gynécologues différents qui ont quasiment tous le même discours : « les douleurs pendant les règles c’est normal ». Comme elle le souligne, « J’ai été voir différents gynécologues, tous me disent c’est normal de souffrir pendant les règles. Donc, à un moment donné, tu fais quand même confiance à la blouse blanche ».

Le déclic se fait lors de sa première année de bachelier. « J’ai commencé l’université et ça m’a ouvert les yeux. Quand tu es en secondaire tu as un peu des œillères sur la vie ». Laura se lance alors dans des recherches et elle découvre l’endométriose. Elle retourne chez un gynécologue qui connaît l’endométriose et le diagnostic tombe enfin. Commence alors un long chemin pour apprendre à gérer le quotidien avec la maladie. Pour Laura, il s’agit de « tout faire pour vivre confortablement ». Depuis son diagnostic en 2018, Laura a été opéré cinq fois. Son intervention la plus récente date de septembre 2022.

« Laura, tu n’es pas toute seule »

Laura n’est pas épargnée par le confinement de mars 2020. Étant bonne élève, elle n’a pas de retard à rattraper sur ses cours et l’ennui se fait sentir. À la fin de sa troisième année de bachelier et après trois opérations, elle est pleine de doutes et de questions par rapport à son futur. Elle se lance alors dans des recherches sur l’endométriose. Mais problème, dans le monde francophone il y a peu de ressources disponibles. Laura décide alors de partager son histoire. « Si je peux aider une personne, c’est bon j’ai gagné ». Sa première vidéo est postée dans la foulée et amasse rapidement plus de 3000 vues. « Pour moi c’était énorme. J’ai eu plein de messages et je me suis dit ‘waouh c’est dingue ! Laura tu n’es pas toute seule‘ ».

Dans son quotidien, la révolution en marche. Laura continue de poster des vidéos. De plus en plus de personnes la remercient de partager son histoire. Elle créé le compte Instagram Toi Mon Endo et fin juillet 2020, elle dépose les statuts de l’ASBL au moniteur belge et se donne un an pour mener ce projet à bien.

« Avant je considérais que c’était ma faiblesse et en fait maintenant, avec le recul, je me dis que c’est ma plus grande force ».

En septembre, Laura s’inscrit en master. « J’adore étudier, donc j’ai suivi deux mois, mais j’ai dû arrêter mes cours parce que mon endométriose était en train de flamber et c’était un enfer ». Depuis Laura n’a plus regardé en arrière, elle s’est jetée à corps perdu dans cette ASBL avec pour but de visibiliser, sensibiliser et rassembler.

L’endométriose fait partie intégrante de la vie de Laura. La maladie lui a inculqué des responsabilités qu’elle n’avait pas vraiment anticipé. « Avant je considérais que c’était ma faiblesse et en fait maintenant, avec le recul, je me dis que c’est ma plus grande force ». Toi Mon Endo, c’est le combat de Laura pour vivre le plus confortablement possible. « Je ne me verrais pas faire autre chose que ce que je fais. C’est fou, mais je ne changerais rien à ma vie maintenant ».

Portrait de Laura Lequeu qui tient des flyers dans son ASBL Toi Mon Endo
Laura Lequeu avec des flyers de son ASBL Toi Mon Endo avant de commencer sa conférence à l’ULB.Laura Lequeu donne une conférence sur l’endométriose à l’ULB. Elle est accompagné par Margaux De Re et Maxime Fastrez. Photo : Elodie Leroy (CC BY NC SA).

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