Des Villo! pas si écolos

La Région Bruxelles-Capitale et JCDecaux mettent à disposition 1800 vélos électriques en échange de la transformation d’un tiers des panneaux publicitaires classiques en panneaux numériques très énergivores. Enquête sur le paradoxe d’un moyen de transport qui se veut respectueux de l’environnement.

par

Photo : Ondine Werres (CC BY NC ND)

La Région Bruxelles-Capitale et JCDecaux mettent à disposition 1800 vélos électriques en échange de la transformation d’un tiers des panneaux publicitaires classiques en panneaux numériques très énergivores. Enquête sur le paradoxe d’un moyen de transport qui se veut respectueux de l’environnement.

Photo : Ondine Werres (CC BY NC ND)

Pour participer à la lutte contre le réchauffement climatique, la nécessité d’adopter des moyens de transport plus écologiques est souvent mise en avant. C’est d’ailleurs ce que revendique la Région Bruxelles-Capitale en mettant à disposition des vélos électriques à prix démocratique.

Depuis le 29 novembre, ces eVillo! sont en effet disponibles dans 360 stations à Bruxelles. Des vélos électriques offerts par le service public pour faire face à la concurrence des Jump, Lime et autres engins à deux roues qui fleurissent dans les rues de la capitale. L’option coûte 4,15 euros par mois en plus de l’abonnement classique qui s’élève à 34,70 euros par an.

Alors que Elke Van den Brandt (GROEN), Ministre de la Mobilité de la Région de Bruxelles-Capitale, s’affiche fièrement sur son eVillo!, l’initiative cache un revers moins glorieux pour l’environnement. En effet, ce service vient en échange de la mise en place de panneaux publicitaires numériques JCDecaux un peu partout dans les 19 communes bruxelloises. Ces panneaux consomment énormément d’énergie comme le fait remarquer François Durant, ingénieur en nano-électronique : « [ils] consomment chacun l’équivalent de deux ménages et génèrent 1.5 tonnes de CO2 par an. »

Installation contre l’avis des communes

Le contrat signé avec JCDecaux en 2008 par le gouvernement de l’époque autorisait la multinationale à placer ses panneaux dans la Région en l’échange du financement des eVillo!, mais, l’évolution du partenariat ne fait pas que des heureux. Les permis nécessaires à l’installation de ces nouveaux dispositifs de publicité ont été délivrés malgré l’avis défavorable de certaines communes, notamment celle d’Ixelles. Cette dernière a donc introduit un recours au Collège d’urbanisme en mai dernier.

Outre la question environnementale, Ixelles s’inquiète du risque pour la sécurité, mis en avant par l’Institut Belge pour la Sécurité Routière. En effet, ces nouveaux panneaux captent l’attention des automobilistes, piétons et cyclistes et sont ainsi vecteurs d’accidents.

Nouveau sur Mammouth

La pollution spatiale : toujours plus de débris
Mais où sont passés les insectes ?
Sommes-nous accros à nos smartphones ?
Métiers en pénurie : migrer pour travailler