Delphine Nkansa, entre l'athlétisme et le droit

Delphine Nkansa a deux grands rêves dans la vie. D'un côté, elle aimerait participer à une finale aux Jeux olympiques. D'un autre, elle rêve aussi de diplomatie, de droit international et, pourquoi pas, de siéger un jour dans un parlement.

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Photographe : Ryan Allek

Delphine Nkansa a deux grands rêves dans la vie. D’un côté, elle aimerait participer à une finale aux Jeux olympiques. D’un autre, elle rêve aussi de diplomatie, de droit international et, pourquoi pas, de siéger un jour dans un parlement.

Photographe : Ryan Allek

Delphine Nkansa est installée à Paris depuis quelques années. Elle suit des études de droit et, en tant qu’athlète professionnelle, elle excelle à un très haut niveau sur 100 mètres et 200 mètres. Bref, la Belge a trois bonnes raisons d’avoir la grosse tête. Et pourtant non. Rien ne semble gonfler l’égo de la jeune athlète, récemment championne d’Europe espoirs et fraîchement diplômée d’une licence en droit international. Elle accepte même de consacrer 30 minutes de son temps, si précieux, le jour de ses 22 ans (Bon annif Delphine !) pour répondre aux questions de Mammouth Média.

Une passion familiale, une autre plus personnelle

Sa passion pour l’athlétisme s’explique assez facilement. Sa mère, Chantal Xhervelle, est une coureuse de fond qui s’est essayée à toutes les distances, du « simple » marathon de 42 kilomètres aux ultra-trails de 100 kilomètres (pour 6000 mètres de dénivelé et 24 heures d’effort). Rien que ça.

Lors de sa première année d’athlétisme, en 2015, la jeune Delphine suit les pas de sa mère en faisant du demi-fond et du cross. La jeune athlète s’essaie à différentes disciplines, mais rien ne la passionne plus que le sprint. C’est sur 100 et 200 mètres qu’elle développe ses plus belles performances, un contrepied par rapport à sa mère. Delphine Nkansa ne s’infligera pas des journées entières d’effort ; mais optera pour des efforts en intensité.

Dès ses premiers pas sur la piste, la sportive belge rêve grand. Elle veut devenir une athlète professionnelle, et comme tous les jeunes spécialistes du 100 mètres et du 200 mètres, elle a une idole : Usain Bolt. À cette époque, pas si lointaine, le Jamaïcain règne en monarque absolu sur les disciplines du sprint.

« Je me dis qu’après plusieurs années dans l’athlétisme, il y a un moment où le droit va me manquer ».

La passion de Delphine Nkansa pour le droit est un peu moins explicable. La jeune étudiante se souvient avoir toujours été attirée par les cours et tribunaux, depuis qu’elle est au lycée. Si sa carrière de sportive devait s’arrêter brutalement, elle ne se voit pas faire autre chose que du droit. Elle pense même à une carrière dans ce domaine une fois sa carrière sportive terminée.

Une cohabitation difficile des ambitions

Mais combiner deux passions aussi exigeantes physiquement et mentalement est peut-être un exploit bien plus compliqué à réaliser que de courir sous les 11 secondes ou de plaider dans les tribunaux internationaux. Delphine Nkansa n’a d’ailleurs pas toujours réussi à bien concilier ses ambitions d’étudiante et sa carrière de sportive. L’année 2021 a été une année charnière dans son parcours. Cette année-là, l’athlète commence à se blesser, notamment à cause de la fatigue et d’un programme de cours trop chargé. Car bien qu’étudiant à Paris, ville des Jeux, aucun aménagement n’est prévu pour les sportifs professionnels. Delphine Nkansa entre dans un cercle vicieux, par manque de temps elle néglige la rééducation et reprend les entraînements au mauvais moment ; apparaissent donc de nouvelles blessures. Elle voit sa carrière sportive, pourtant si bien entamée au Portugal (avec un titre de championne nationale dans toutes les catégories jeunes), faire du surplace à Paris.

Un nouvel équilibre

Mais Delphine Nkansa va utiliser cette mauvaise année 2021 comme une force. En 2022, elle refait son staff et décide de mieux écouter son corps, en se rendant plus souvent chez le kiné. Elle revoit aussi son emploi du temps entre les cours et les entraînements, et ça marche. Delphine Nkansa parvient à réaliser des chronos de 11,26 secondes sur 100 mètres. 2022 est l’année où elle va entrer dans la lumière en performant aux championnats d’Europe à Munich, où elle se qualifie pour les demi-finales du 100 mètres et du 200 mètres. C’est au moment de courir aux côtés de Mujinga Kambundji, athlète suisse médaillée aux championnats du monde, que Delphine Nkansa comprend qu’elle a réalisé l’un de ses rêves, ses concurrentes sont les athlètes qu’elle a admirées quand elle était plus jeune.

« Je me fixe un objectif à la fois et, si je m’en sors bien, je pourrai aller aux JO« 

Pour la suite, Delphine Nkansa est évidemment face à une année importante de sa carrière sportive. En 2024, ce sont les Jeux Olympiques à Paris. Elle ne veut pas trop y penser pour l’instant par peur de négliger les autres rendez-vous importants de sa saison, tels que les championnats du monde en salle et les championnats d’Europe. « Je me fixe un objectif à la fois et, si je m’en sors bien, je pourrai aller aux JO. Ainsi, ce sont des étapes. Si je me dis « Go, les JO », je ne vais pas trop prêter attention aux autres championnats, et je pourrais échouer. » Pour cette année, l’athlète belge a d’ailleurs décidé de mettre ses études sur pause pour se consacrer pleinement à l’athlétisme. La vie entre deux passions demande parfois d’en sacrifier une pour réussir l’autre.

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