On a suivi Julie, militante Jong N-VA

Entre ses études à Gand et son engagement politique au sein de la Jong N-VA, les journées de Julie Vandenbossche, 22 ans, sont bien chargées. Au travers de ses multiples activités, la jeune nationaliste entend préparer son avenir et réinventer celui de son pays... N'en déplaise à ses concitoyens de Belgique francophone.

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Julie Vandenbossche, portant sa banderole du Jong N-VA UGent et son chapeau de diplômée de son premier master. Photo : Océane Vermeiren

Entre ses études à Gand et son engagement politique au sein de la Jong N-VA, les journées de Julie Vandenbossche, 22 ans, sont bien chargées. Au travers de ses multiples activités, la jeune nationaliste entend préparer son avenir et réinventer celui de son pays… N’en déplaise à ses concitoyens de Belgique francophone.

Julie Vandenbossche, portant sa banderole du Jong N-VA UGent et son chapeau de diplômée de son premier master. Photo : Océane Vermeiren

Un examen sur les théories de l’intégration européenne et régionale lundi soir, le lendemain trois heures de cours, puis deux réunions de la section de l’université de Gand de la Jong N-VA et en soirée, un teambuilding du parti. Mercredi, une rencontre avec Anneleen Van Bossuyt, conseillère communale N-VA à Gand et députée fédérale. Le jeudi, une réunion à propos de la possible formation d’une section Jong N-VA à Huldenberg, sa commune, et de la campagne électorale de 2024. C’est à cela que ressemble l’agenda de Julie Vandenbossche.

C’est dans son kot au centre de Gand que Julie évoque avec nous son parcours. Un parcours dont elle est fière. Après un master en administration et gestion publique, elle a entamé cette année un deuxième master en études européennes. « Depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours aimé débattre et jouer à l’avocate », raconte-t-elle. « Chaque année, pour mon anniversaire, mon père m’écrit une lettre dans laquelle il fait un bilan de ma vie. Dans celle de mes 12 ans, il écrivait déjà que j’aimais débattre à propos du bien- être des animaux ». Cet intérêt pour le débat et les problèmes de société la poursuivra avec l’âge.

En sixième secondaire, Julie est convaincue qu’elle a trouvé sa voie. C’est à ce moment qu’elle participe à un parlement jeunesse, activité pour initier les élèves de la région de Louvain à la politique. Elle décrit cette expérience comme « une libération ». « En participant, j’ai rencontré des personnes qui me comprenaient, partageaient cette volonté de débattre, même si elles n’avaient pas les mêmes idées que moi ». Cette expérience confirme son choix : Julie entamera des études liées à la politique, au droit et à l’économie l’année suivante.

« J’étais vraiment une intello ! J’aimais tellement aller en cours et étudier. Je ne connaissais pas encore énormément de choses en politique. J’en apprenais tous les jours », se souvient-elle.

Le choix du nationalisme

Grâce à ses études et à une participation au parlement jeunesse en Flandre (Vlaams Jeugdparlement), elle a pu faire coller un parti politique à ses idées. « J’ai étudié le modèle fédéral belge pendant quatre ans. Selon moi, ce modèle ne fonctionne pas : il doit être réformé. J’ai retrouvé ce constat et ces idées à la N-VA », affirme l’étudiante. Depuis 2021, Julie est membre de la section étudiante de la Jong N-VA à l’Université de Gand, et depuis cette année, elle en est même la vice-présidente. En 2024, elle se présentera aux élections régionales et figurera sur la liste du N-VA dans sa commune, Huldenberg (Brabant Flamand). « C’est à peine croyable. Je n’ai encore jamais voté et là, je pourrai voter pour moi-même ! », plaisante-t-elle.

Avant d’ajouter : « La politique me donne de l’énergie, me rend heureuse. Je crois que ces sentiments sont importants, car la politique est une profession difficile et souvent ingrate. »

Depuis son engagement dans un parti, Julie a parfois été surprise des réactions du grand public. « Ma famille et mes amis m’ont toujours soutenue. Ils connaissaient mes idées depuis longtemps. Par contre, j’ai déjà reçu des insultes et subi des attaques de la part de personnes que je ne connaissais même pas. C’est dommage. Je trouve qu’il vaut mieux débattre quand on n’est pas d’accord, plutôt que de manquer de respect ».

Julie estime que la N-VA n’a rien à voir avec un parti d’extrême droite comme le Vlaams Belang. « Je crois qu’il existe une fausse perception de la N-VA, comme il n’y a pas de parti nationaliste du côté francophone. Si un jour, nous entrons dans un système confédéral tel que le prône mon parti, avec deux communautés de plus en plus autonomes, je suis certaine qu’un parti de droite tel que la N-VA peut voir le jour en Wallonie ».

Une journée « calme »

Combiner les études avec la politique, cela signifie avoir un programme très chargé, quitte à devoir négliger l’un par rapport à l’autre.  « Je dois souvent rater des cours parce que j’ai des obligations politiques. Ça veut dire que le week-end, je passe parfois des journées entières à étudier, mais heureusement, j’arrive à bien m’organiser ».

Ce mardi, Julie a une journée chargée, même si sa semaine est plutôt “calme”, selon elle. Elle part étudier deux heures dans un café, puis, à treize heures, elle enchaîne avec un cours sur les relations internationales. Une fois terminé, elle doit se dépêcher d’aller à son rendez-vous. Il s’agit de ‘We Care’, une formation à propos de la santé mentale dans les universités, à laquelle elle doit assister, en tant que membre d’une association étudiante politique. Après, l’étudiante doit se rendre à un autre rassemblement avec toutes les associations politico-philosophiques de l’université.

Julie assiste à la formation ‘We Care’, à propos de la santé mentale des étudiants de l’université de Gand

Après ces divers rendez-vous, la journée de Julie est loin d’être finie. A travers les rues de Gand, la jeune fille se dépêche de rejoindre son groupe du Jong N-VA dans le kot d’une amie. Ce soir, au programme, c’est frites, karaoké et bowling. Un programme plutôt consensuel. « La politique, ce n’est pas uniquement de longues réunions. Ce soir, on est là pour s’amuser et décompresser ».

La Jong N-VA UGent est en activité de teambuilding. Ils font un karaoké ensemble et chantent une chanson flamande classique

Même si entre deux frites, les jeunes nationalistes flamands évoquent leurs prochains événements avec la députée fédérale Anneleen Van Bossuyt ou avec le ministre flamand des Finances Matthias Diependaele, ils abandonnent très vite les sujets politiques pour pousser la chansonnette au karaoké. Des chansons pop et des classiques flamands sont chantés énergiquement. Le karaoké se clôture sur l’hymne flamand, le ‘Vlaamse Leeuw’, que les jeunes chantent fièrement avec la main sur le cœur en rigolant.

Place au bowling ensuite, où la bonne humeur reste au rendez-vous. L’équipe remplit la salle de quilles de rires et de discussions, tout en jouant le jeu à fond. Ils sont tous investis dans la compétition et n’hésitent pas à se charrier quand quand quelqu’un rate son coup. Lars, le président du groupe politique, en profite pour donner son avis sur Julie et son parcours : « Julie est un très bon atout pour les Jong N-VA. Elle complète parfaitement l’équipe ».

Après quelques strikes, la soirée touche à sa fin. « Demain, j’ai cours à dix heures et nous allons recevoir les consignes pour un examen », précise Julie, épuisée par cette journée “calme”. « La politique, c’est génial, mais tant que je suis étudiante, mes études passent en premier. »

Malgré sa détermination pour ses études, Julie, espère que son engagement paiera un jour et qu’elle trouvera son bonheur dans la politique. Une étudiante dont on entendra peut-être encore parler à l’approche des élections.

Julie étudie dans son café préféré de Gand. Elle prépare son cours de l’après-midi

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